Le lévirat – « les veuves font partie de l’héritage » #Cote d’Ivoire


Prendre pour nouvelle épouse la femme d’un frère défunt afin d’assurer la continuité du lignage. Cette pratique appelée lévirat, bien qu’en forte régression dans les villes, a toujours la peau dure en milieu rural en Côte d’Ivoire. Pire, elle a aussi contribué à la propagation du Vih/Sida dans les zones où cette pratique se déroule toujours.

Yao Aya, la quarantaine révolue, vivait dans un des nombreux campements de la localité de Sassandra avec son mari et leurs quatre enfants. Le couple exploitait une plantation de cacao qu’ils ont créée pendant les années 1990. Suite à une courte maladie, son mari décède. Le corps de Kouamé Yao est transféré à Kongossou, son village natal dans la sous-préfecture de Dimbokro pour l’enterrement. Après les funérailles, la famille se réunit, comme il est de coutume, pour désigner la personne qui aura à gérer les biens du défunt et ses enfants dont l’aîné a 12 ans et est en classe de 6ème au lycée moderne de Dimbokro.

C’est le jeune frère du défunt, Kouamé Kouakou, qui est désigné par le conseil de famille  pour veiller sur les biens de son aîné avec qui, il vivait à Sassandra. Le jeune homme vient juste d’avoir ses 30 ans ce mois de mars 2010. En plus des charges à lui confier, il accepte de prendre comme épouse la femme de son grand frère…qui pourtant l’a vu grandir. « J’ai accepté ce mariage traditionnel pour rester auprès de mes enfants afin qu’ils tirent véritablement profit des biens de leur père », indique Yao Aya. Deux ans plus tard, le cercle familial s’agrandit avec la naissance d’un nouveau bébé.

Koffi Amoin avait 26 ans quand son mari décédait en février 2010. Elle a refusé de prendre en secondes noces, le neveu de son mari qui lui a été proposé. Elle a payé très cher ce refus que sa belle famille a considéré comme un affront. Ainsi que sa propre famille. « Dans cette bataille, je n’ai même pas reçu le soutien de ma propre famille. J’ai été abandonnée par tous », explique la veuve.

En effet, Koffi Amoin, n’a bénéficié d’aucuns biens de son mari. Et pourtant, elle a aidé ce dernier à réaliser une plantation d’hévéa dans la région de Daoukro, qui justement est rentré en production depuis deux ans avant la mort de son époux.

Pis, elle a été priée de quitter la cour familiale. Ses enfants, eux, ont été donnés aux différents membres de la famille de son défunt mari. Même le dernier d’un an qui n’a pas encore été totalement sevré du lait maternel. « Quand j’ai voulu rejoindre mes parents. Notre chef de famille m’a fait comprendre très clairement que je n’étais plus la bienvenue », explique-t-elle en larmes.

Sandaogo Yamdolé, 45 ans, originaire du Burkina Faso, précisément de Koupéla dans la province du Kuritentaga, à la mort de son mari, selon la tradition, devrait prendre pour époux l’un des premiers fils de son mari, qui avait 10 ans de moins qu’elle.

Celle-ci refuse catégoriquement ce mariage qu’elle juge contre nature. Alors que ses coépouses ont accepté les leurs. En tout cas, la communauté villageoise n’a pas accepté la réponse de la femme. Face à cette situation jugée inacceptable, Sandaogo Yamdolé sera copieusement battue par ses propres parents avant de lui demander de revenir sur sa décision. La dame maintient sa position. Elle sera une fois de plus agressée physiquement et excommuniée du village.

Elle quitte alors son village natal pour Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso pour trouver refuge chez l’un de ses cousins qui enseigne dans un établissement secondaire de Ouagadougou. Celui-ci lui fait savoir qu’il a la même position que la communauté villageoise et qu’il ne peut la garder pour essuyer la foudre de celle-ci.

Il lui donne un peu d’argent pour qu’il rejoigne l’un de ses frères, planteur de cacao à Tiassalé (Côte d’Ivoire). Ainsi depuis quelques années, elle vit chez son jeune frère sans soucis. Sauf qu’une fois en Côte d’Ivoire et constamment malade, elle se rend à l’hôpital. C’est là qu’elle découvre qu’elle est séropositive.

« C’est en ce moment que j’ai compris de quoi notre mari était décédé. Si j’avais accepté d’épouser le fils à mon défunt mari, je l’aurai contaminé ainsi que ses femmes. Il en avait déjà 2 », révèle-t-elle. Avant de souligner qu’elle est sous traitement antirétroviral et attend aujourd’hui un enfant de son nouveau mari, quelqu’un de son choix.

Comment comprendre cette pratique ‘’dite rétrograde’’ consistant à marier une veuve avec un frère ou fils de son défunt mari afin d’assurer la continuité du lignage ?

Il faut se tourner du côté des sociologues pour avoir un début de compréhension. Selon les sociologues, cette pratique, souvent forcée et combinée avec la polygamie, est encore pratiquée dans certains pays africains. Le Bénin l’a interdit en même temps que la polygamie le 17 juin 2004. Elle est encore pratiquée dans plusieurs pays d’Afrique de l’ouest, dont le Burkina Faso ou le Togo. Elle existe également dans certaines communautés du Tchad.

Ce type de remariage est dénoncé comme étant une pratique rétrograde, limitant les droits des femmes. Cette politique maintient l’idée qu’« une veuve fasse partie de l’héritage ».

Certains auteurs font remarquer que la pratique du lévirat est la seule mesure de protection sociale dont bénéficient les veuves dans ces pays, et qu’il n’est pas forcément bienvenu de lutter contre cette pratique sans en remplacer l’aspect social et humanitaire.

Selon la sociologue burkinabé, chargée de recherche au Cnrst/Inss, Dr Kaboré Madeleine, les modes de transmission de l’héritage dans les sociétés qui pratiquent le lévirat peut inclure l’aspect humain en ce sens que les veuves font partie de l’héritage.

Ainsi le mariage, selon la logique coutumière, est une affaire lignagère. En effet, cette institution est l’alliance sacrée entre deux familles de lignage différent par l’intermédiaire d’un homme et d’une femme mus par des droits et des devoirs réciproques. « Ce procédé engageant deux groupes sociaux, implique tous les membres de la communauté qui, dans les normes, assurent une responsabilité collective », explique la sociologue.

Ainsi, cette stratégie d’extension du groupe familial par les divers mariages ou remariages confiés au plus ‘’vieux” de la communauté villageoise, oblige les bénéficiaires à respecter sans conditions, les exigences des coutumes en matière d’alliance.

Conséquences du refus du lévirat

Selon la coutume, la maladie qui a tué le mari est sans importance. Ce qui importe, en revanche, c’est que l’épouse soit ‘’nettoyée’’ [par le remariage] et qu’elle puisse ainsi s’intégrer facilement au reste de la communauté.

Conséquence, des femmes dont les maris sont décédés de maladies infectieuses graves, telles que le Vih/Sida vont se remarier avec d’autres personnes de la même famille. Ce qui va contribuer à prolonger la chaîne de contamination de la pandémie.

« Lors d’une consultation prénatale de mon dernier fils qui aujourd’hui a 6 ans, j’ai découvert que j’étais séropositive. Je n’ai pas informé mon mari qui est décédé juste après la naissance de notre fils. Ainsi me sachant séropositive, j’ai refusé le frère de mon mari qu’on a voulu me donner en remariage », commente Goueu Delphine, une jeune femme originaire de Danané dans l’ouest ivoirien.

Même les veuves qui sont dans un état de santé normal et qui refusent le lévirat, doivent recourir à la prostitution pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille.

C’est le cas d’Augustine. G, une femme nigériane de 40 ans, de l’ethnie Igbo. Elle exerce le plus vieux métier du monde à Abidjan-Adjamé. Lieu où elle s’est installée, il y a une dizaine d’années. « Mon mari était un riche homme d’affaires à Lagos au Nigeria. Il était tout pour moi. Je n’avais rien appris comme métier et je ne suis pas non plus allée à l’école. A sa mort, il m’a été demandé de prendre son cousin en remariage. Après mon refus, je me suis retrouvée à la rue avec les quatre enfants », explique Augustine G.

Aujourd’hui, c’est la prostitution qui lui permet de subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants qui sont restés avec sa mère, une sexagénaire, au pays.

Augustine G. affirme qu’elle a quitté son pays parce qu’elle ne se sentait plus en sécurité. Elle faisait l’objet de menaces de la part de certains membres de la famille de son défunt mari. On lui reprochait d’avoir porté plainte à la justice pour espérer bénéficier des biens de son mari qui lui revenaient de droit ainsi qu’à ses enfants.

« Quand vous allez en justice, la police, la magistrature et la famille du défunt et quelques fois des membres de votre propre famille sont contre vous. De sorte que vous devez rentrer chez vous, dans le même environnement. Il faut des années et beaucoup d’argent pour faire entendre sa cause devant les tribunaux », soutient-elle.

Et pourtant, nombre de pays africain où se pratique encore le lévirat, ont signé de nombreux traités internationaux protégeant les droits des femmes et des mineurs, y compris plusieurs conventions et pactes des Nations Unies (Convention relative aux droits de l’enfant, Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, Pacte international relatif aux droits civils et politiques, Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Cedaw), Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale) ; ainsi que la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (Center for reproductive rights 2003, 78; Omct et Cleen juin 2004, 4).

En fait, comme la pratique est en nette régression, les organisations nationales féminines de lutte contre les droits de la femme n’accordent pas une très grande priorité à la lutte contre la pratique du lévirat.

Théodore Kouadio

koudore@fratmat.info

Source : http://www.fratmat.info/focus/enquete/item/395-le-l%C3%A9virat-la-pratique-toujours-en-cours-en-milieu-rural

Dansez-vous le « tarling » ? #mariages forcés précoces #pratiques traditionnelles néfastes


Le « tarling » est la musique la plus populaire à Java. Sur un rythme entraînant  des chanteuses en minijupes et bardées de talismans racontent les « amours déçues » des femmes de la région.

[Ndlr : par « amours déçues » = la prostitution ; les mariages forcés précoces ; les répudiations ; la polygamie]
[Ndlr : incrustations de « talismans dans le corps, dont le sexe, réservées aux femmes]
  • Tempo | Heru Triyono | 8 novembre 2012
Capture d'écran (vidéo)Capture d’écran (vidéo)Droits réservés

Sur une scène de onze mètres sur onze, Yuliana n’arrête pas de se déhancher tout en chantant son hit : Danse démente. Le martèlement des gongs et du tambour à double face fracasse la nuit. Vêtue d’une extra-mini-jupe, Yuliana est acclamée par les cris et les sifflements coquins de centaines de spectateurs du village de Sabawan, dans la région de Tegal, Java Centre.

Mais patience, Yuliana n’est qu’un avant-goût. La vedette de la soirée, Diana Sastra, monte sur scène dans un nuage de fumées multicolores. Son nom court sur toutes les lèvres et la foule, spontanément, entonne son tube : Glauque de glauque. Cette chanson raconte le destin d’une fille tombée dans le piège de la prostitution dans un tripot sordide afin d’envoyer de l’argent à ses parents.

A l’approche de minuit, l’ambiance s’enflamme. Des hommes montent sur scène avec des liasses de billets de 1000 roupies [8 centimes d’euros] ou de 100 000 roupies [8 euros] qu’ils glissent dans la main de la chanteuse, ou dans sa robe pour les plus audacieux. La guerre des allumeurs commence. Chaque fois qu’un spectateur glisse un billet, la chanteuse clame son nom à tue-tête, comme pour rendre les autres jaloux, si bien qu’ils rivalisent pour allumer la fille à coups de billets pour qu’elle crie leur nom et les flatte en les appelant “boss“.

Les groupes de tarling sont loués pour des cérémonies de mariage ou de circoncision

Si c’est un vendeur de riz, on l’appellera le boss du riz. Si c’est un propriétaire de magasin à Tegal, on l’appellera le boss du “magteg“. Ce soir-là, tous les allumeurs sont des boss. Mais tous ne sont pas des hommes. Les femmes s’enhardissent aussi, sous les yeux émerveillés des enfants. Comme Mamayuna, une mère de 35 ans qui glisse un billet de 100 000 roupies.

Ces deux dernières décennies, le tarling est devenu la musique la plus populaire sur la côte nord de Java, surtout à Cirebon et Indramayu. Les concerts se multiplient quand vient la saison des moissons. Les chanteuses sont alors invitées pour animer les fêtes de fertilité, les mariages et jusqu’aux cérémonies de circoncision. Pourtant, louer un groupe de tarling n’est pas bon marché. Pour faire venir une chanteuse de la classe de Diana Sastra, il faut pouvoir aligner entre 18 et 25 millions de roupies [de 1700 à 2300 euros].

Khadijah, une commerçante de 52 ans, a déjà invité trois fois un groupe de tarling : « Ça m’a coûté chaque fois entre 9 et 19 millions de roupies » [entre 730 et 1550 euros], se vante cette femme dont le cou et les poignets scintillent de bijoux en or. Inviter un groupe de tarling, c’est non seulement afficher son statut social mais aussi faire parler de soi dans toute la région.

Le tarling – élision de guitare et suling (flûte) – est né dans le village de Kepandean à Indramayu, Java Ouest. Un jour de l’année 1931, un certain Antonio demande à un villageois dénommé Mang Sakim, musicien de gamelan [percussion traditionnel] de lui réparer sa guitare acoustique de fabrication espagnole. La guitare réparée, Antonio ne vient pas la chercher. Mang Sakim ne profite pour apprendre à en jouer tente de l’accorder dans la gamme pentatoniques du gamelan. Son fils poursuit l’expérience et découvre que les chants populaires d’Indramayu, jusque-là accompagnés par le gamelan, gagnent en beauté avec la guitare à laquelle s’ajoute bientôt une flûte en bambou.

Au début, les paroles s’inspiraient de la poésie orale de la ville de Cirebon. Aujourd’hui, elles racontent les amours et les problèmes des femmes pauvres de la côte nord de Java dont la culture est de se marier jeune, de divorcer aussi vite ou de subir la polygamie.

Pour s’assurer une carrière explosive, les chanteuses de tarling ont recours à un arsenal de pratiques magiques, tels que des implants ou un charme vocal. Les implants sont de minuscules éclats d’or ou de diamant de 3 à 4 millimètres cubes introduits par un spécialiste dans quinze à vingt points du corps de la chanteuse, tels que le visage, les lèvres, les seins, les fesses et jusqu’aux organes intimes.

Coût de l’opération : entre 10 et 13 millions de roupies (800 à 1100 euros). Pour implanter ces talismans, le magicien utilise l’énergie intérieure générée par des mouvements d’arts martiaux. “Ce n’est pas vraiment difficile“, affirme Busthomi Azmatkhan, un praticien du village de Sinarancang, près de Cirebon. Il raconte que l’opération commence par un exorcisme, sous forme de bain rituel. A minuit, roulée nue dans un drap, la chanteuse est aspergée sept fois par une eau chargée de mantras.

D’après Busthomi, le pouvoir des implants expire au bout de trois ans. Si on veut prolonger leur temps d’activité, il faut procéder à un nouvel exorcisme. Sinon, ils conseillent aux chanteuses de les leur ôter. Parce qu’un implant qui meurt dans le corps peut entraver la circulation de l’énergie : “L’énergie devient alors négative. La chanteuse peut tomber malade, voir même devenir paralysée », précise le magicien. « Mais quand les charmes sont à leur puissance maximale, même une feuille qui tombe d’un arbre suspendra sa chute en plein ciel pour écouter la voix envoûtante. »

Source  :  http://www.courrierinternational.com/article/2012/11/08/dansez-vous-le-tarling

Min Yé (Dis moi qui tu es) de Souleymane Cissé #Polygamie #Mali


 

Quatorze ans après Waati (Le Temps), sorti en 1995, Souleymane Cissé revient aux affaires en 2009 avec Min Yé (Dis moi qui tu es).

Le film est présenté la même année dans des hôtels de Bamako, au festival de Cannes, au New York Film festival, et au London Film Festival et n’est toujours pas distribué en France, ni en Afrique d’ailleurs.

Une longue période pendant laquelle le réalisateur a créé l’UCECAO (Union des Créateurs et Entrepreneurs de Cinéma et d’Audiovisuel de l’Afrique de l’Ouest) et œuvré de toutes ses forces pour l’émergence d’un nouveau cinéma africain.

A la question : quel film aujourd’hui pour l’Afrique ? Souleymane propose une réponse, c’est Min Yé. Si, comme il se dit, les réalisateurs africains, produits par les guichets du nord, ont fait les films que les blancs attendaient, Min Yé en est l’inverse démonstration et surprend son monde … Souleymane Cissé s’attaque à un sujet brûlant dans la société malienne : la polygamie. Il le fait sous forme de comédie.

A l’origine, Min Yé, était destiné à être une série télé et en reprend les codes. Le personnage principal, Mimi, solide pivot de l’action, est interprété par Sokona Gakou, journaliste et très fameuse présentatrice du petit écran, enfin, les plus grands musiciens maliens sont invités dans la bande son. Au premier degré, il faut reconnaître que Souleymane Cissé cible son public …

La flamboyante Mimi, quadragénaire, médecin dans une organisation gouvernementale, est mariée à Issa, réalisateur de films (tiens !) qui a conjointement une épouse plus jeune et un enfant de celle-ci. Mimi file le parfait amour avec Abba, grossiste en poissons, lui même pourvu de deux épouses.

Milieu bourgeois, luxe à tous les étages, soucis de riches…et situations vaudevillesques. En contrepoint, l’’amour tente de s’épanouir dans la nature, au bord de l’eau. Ce qui nous vaut les plus belles scènes du film.

Derrière les gesticulations, se mène un combat de dupes. Au Mali, l’indépendance financière d’une femme ne la protège ni de la vindicte publique, ni des dégâts de l’hypocrisie, ni de la corruption des juges.

Pas touche à la société des hommes ! Mimi qui veut vivre librement son amour avec Abba, n’est que ridicule ; en porte à faux entre deux cultures, la sienne dont elle veut se libérer, et l’occidentale, dont elle n’a pas les clés : elle se débat en toute mauvaise foi, entre le statut de femme libre et celui de reine de la maison.

Sokona Gakou porte le rôle avec panache. Costumière, elle s’est offert un festival de tenues extravagantes . Autour d’elle, de son mari insaisissable mais néanmoins jaloux, de son amoureux un peu lâche, s’agite, étrangement éloigné du monde du travail, le petit monde codifié de la sitcom..Seul, le personnage de Mimi est travaillé en profondeur . Apparemment forte et rebelle, elle cumule des défauts contradictoires : naïve et rouée, flamboyante et fragile, romantique et intéressée. Les péripéties de son combat dévoilent une société gangrenée par de paresseux arrangements…

Nul doute qu’à Bamako, on se soit tapé sur les cuisses en suivant les truculentes aventures de nos héros de proximité. Il n’empêche que, sous l’habillage new look,, on retrouve les interrogations de Souleymane Cissé, témoin de son temps, de son pays, de sa culture. Où va cette société ? Vers quels lendemains ? Pourra-telle toujours se ressourcer auprès de cette nature somptueusement filmée ? C’est alors que le titre : Min Yé, « Dis moi qui tu es » semble livrer son secret…
Source : http://www.mutations.co/index.php/culture/entertainment-news/cinema/774-min-ye-de-souleymane-cisse-une-attaque-contre-la-polygamie