25 novembre, Journée Internationale contre les Violences faites aux Femmes – « Mariage forcé, ma façon de dire non ! »


À l’occasion de la Journée Internationale de Lutte contre les Violences faites aux Femmes,
La Fédération nationale GAMS

vous invite à découvrir deux films autour du thème

« MARIAGE FORCE, MA FAÇON DE DIRE NON ! »

Quels films ?

« Mustang », de Deniz Gamze Ergüven

C’est le début de l’été.
Dans un village reculé de Turquie, Lale et ses quatre sœurs rentrent de l’école en jouant avec des garçons et déclenchent un scandale aux conséquences inattendues.
La maison familiale se transforme progressivement en prison, les cours de pratiques ménagères remplacent l’école et les mariages commencent à s’arranger.
Les cinq sœurs, animées par un même désir de liberté, détournent les limites qui leur sont imposées.

Suivi à 20 h 45, du film «  IXCANUL » de Jayro Bustamante. Maria, jeune Maya de 17 ans, vit avec ses parents dans une plantation de café sur les flancs d’un volcan, au Guatemala. Elle voudrait échapper à son destin, au mariage arrangé qui l’attend. La grande ville dont elle rêve va lui sauver la vie. Mais à quel prix…

Quand?
Mercredi 25 novembre, à 18h 15, entrée payante, selon grille tarifaire du Cinéma

Débat, uniquement, après le film « Mustang »avec la Ligue des Droits de l’Homme

Où?

Cinéma Georges Méliès, 12 place Jean Jaurès, 93100 Montreuil

Pour tout renseignement :  GAMS 01.43.48.10.87./06.74.16.77.38. contact@federationgams.orgwww.federationgams.org

Oublié, le mariage coutumier revient en force en Tunisie


L’Auteure Anne Collet

En janvier 2012 la chaîne d’informations internationales France 24 levait le voile sur un phénomène qui prend de l’ampleur en Tunisie et tout particulièrement dans les universités : le mariage coutumier ou mariage « Orfi ». Leur nombre est difficile à évaluer mais selon certaines sources, dont le parti écologiste Tunisie verte, il y en aurait eu plus de cinq cent ces six derniers mois.

De quoi s’agit-il exactement ? un contrat signé entre un homme et une femme en présence de témoins, devant Dieu, avec ou sans le consentement des parents, autant dire qu’il repose sur une immense hypocrisie.  Les jeunes, garçons ou filles qui s’engagent sur cette voie sont ceux qui réclament une refonte du Code du statut personnel promulgué par le président Habib Bourguiba en 1956 qui permet aux Tunisiennes de jouir d’une certaine liberté, contrairement à nombre de leurs sœurs arabes.

Ce mariage totalement illégal permet à ceux qui le contractent de vivre ouvertement en couple en écartant toute accusation d’adultère. L’université de la Manouba de Tunis, connue pour abriter un grand nombre de salafistes est l’un des lieux où les mariages coutumiers sont les plus nombreux. Leurs partisans réclament d’ailleurs sa reconnaissance légale et se battent pour une sorte de « révolution sexuelle halal », selon le magazine Jeune Afrique.

« Le mariage coutumier renforce l’islam en donnant à la loi divine et au contrat religieux plus de poids qu’à la loi des hommes et au contrat de mariage civil », dénonce le site Culture et politique arabes« Rendre ce mariage légal est indispensable aujourd’hui, on souhaite que le Code du statut personnel soit révisé afin de ne plus interdire ce qu’Allah a autorisé », répondent les étudiants qui estiment que le mariage coutumier met fin à de nombreux problèmes sociaux, oubliant une fois de plus les femmes, qui en sont les premières victimes. Que deviennent-elles en effet quand elles sont enceintes ? Les enfants nés de ces unions n’ont aucune existence légale puisque l’union elle même au regard de la loi n’existe pas. En attendant, les demandes d’avortement de la part de jeunes femmes abandonnées par leur soit disant « mari », à l’annonce de leur grossesse, explosent dans les hôpitaux et les dispensaires spécialisés. En outre, les jeunes filles concernées ne voient malheureusement pas que le mariage coutumier s ’apparente à la prostitution.

Le mariage coutumier qui était courant dans la société tunisienne il y a plus de soixante dix ans avait presque totalement disparu, il ne perdurait que dans quelques régions reculées, mais a fait son retour avec l’arrivée des islamistes, sur le modèle de l’Iran ou de l’Irak. Dans ces pays, on l’appelle le mariage de plaisir ou de jouissance. Pratiqué chez les chiites, il s’agit d’un mariage temporaire où la femme renonce à ses droits. L’homme peut en contracter autant qu’il le veut pour une durée de quelques minutes à plusieurs années. Autant dire qu’il revient à autoriser la polygamie et que là encore les femmes sont les premières victimes. Officiellement, ce mariage prévu par la charia a pour objectif de protéger les jeunes filles des relations sexuelles hors mariage. « La pire humiliation pour une femme », estime l’avocate Ibtissem Echaa, présidente de l’association irakienne de défense des droits des femmes. Pour ses partisanes en revanche, il leur permet d’échapper à la rigueur parentale.

Revenons-en à la Tunisie,   le Centre de recherche d’études, de documentation et d’information sur la femme (Credif), dénonce la résurgence de cette pratique estimant qu’ il ne fait aucun doute que les frères musulmans sont derrière le retour de ces unions. Une raison de plus de se battre pour le respect du Code du statut personnel que ces derniers voudraient tant abroger.

Des salafistes à Tunis

Source : SLATE Afrique Les Blogs

http://blog.slateafrique.com/femmes-afrique/2012/11/08/oublie-le-mariage-coutumier-revient-en-force-en-tunisie/