#Non à l’excision


Non à l'excision

A l’occasion de la Journée internationale contre les mutilations sexuelles féminines (MSF), Hélène BIDARD, adjointe à la Maire de Paris, en charge l’égalité femmes hommes, de la lutte contre les discriminations et des droits de l’Homme, se joint aux associations mobilisées :

Fédération nationale GAMS, Femmes Solidaires, Mobilisation Excision Parlons-en, Osez le féminisme, avec leurs partenaires : CAMS (Commission pour l’abolition des mutilations sexuelles), Clef (Coordination pour le Lobby Européen des Femmes), Entraide et espoir, Equilibres & Populations, Espoir et combats de femmes, Fédération nationale Solidarité Femmes, Institut en Santé Génésique, LAS (Liberté d’Agir Scolaire), Maliens de Montreuil, Marche en Corps, Marche mondiale des femmes, OMEGA (Organisation des mères et enfants de Guinée et d’Afrique), Planning familial, Regards de Femmes, Voix d’elles rebelles, Voix de femmes, SOS Africaines en danger, SOS Racisme.

Pour dire, «#Non à l’excision ! »,  les 6 & 7 février 2015, à Paris !

Découvrez et partagez le Programme des différents événements :

Nonalexcison-communication-6&7fév2015

Invention d’une nouvelle formule de prévention de la polygamie en Mauritanie


Les femmes mauritaniennes ont inventé une nouvelle et drôle formule pour  empêcher le mariage de leur époux avec d’autres femmes.  Elles posent à cette fin comme condition, la mention dans l’acte de mariage de l’expression « la  Lahigheta we la Sabigheta », soit  littéralement  «  pas d’épouse avant ni après », pour éviter de vivre dans un foyer polygame.

Au cas où l’épouse apprenne le manquement de son mari à cette condition, elle pourrait, si elle le désire,  obtenir un divorce pour préserver sa dignité.
La société mauritanienne  continue d’imposer des restrictions pour le second mariage, malgré l’absence d’une loi obligeant le mari d’informer sa première épouse ou d’avoir son consentement comme condition indispensable pour contracter son deuxième mariage, comme c’est le cas dans  certains pays arabes à l’instar du Maroc et de la Tunisie.
Selon une étude récente réalisée en Mauritanie, le  second mariage est à l’origine du taux très élevé des divorces et des désintégrations des familles dans ce pays, qui occupe la première place dans le monde arabe en termes d’éclatement des foyers.

Source : http://www.pointschauds.info/fr/2014/05/18/invention-dune-nouvelle-formule-de-prevention-de-la-polygamie-en-mauritanie/

La Fédération nationale GAMS, entre autres, appelle à un rassemblement le mardi 13 mai, à 18 h 00, Place du Trocadéro #Bring Back Our Girls !


RASSEMBLEMENT À L’APPEL DE : Adéquations, ANEF , Assemblée des Femmes de Paris Ile de France, association franco africaine des femmes parisiennes CFCV, chiennes de garde, CLEF, Collectif Contre le Terrorisme , Collectif lesbiennes-feministes-ba-ham, Collectif National pour les Droits des Femmes, efFRONT-e-é-s, Espoirs et combats de Femmes, Fédération nationale GAMS, FEMENs, Féminisme et Géopolitique, Féministes en Mouvements, Femmes Migrantes debout Femmes pour le dire, femmes pour agir, Femmes Solidaires, Femmes solidaires, FIT, FNSF, Forum Femmes Méditerranée, IFCDU-WICUR Jeunes Ecologistes,l’Escale, Libres MarianneS, Ligue des Droits de l’Homme, Ligue du Droit International des Femmes, LMDE,MJS, Mémoire traumatique et victimologie, Mouvement pour la Paix et Contre le Terrorisme, Osez le féminisme !, Planning Familial, Rajfire regards de femmes Réseau Féministe « Ruptures », Réussir l’égalité femmes-hommes, SOS Sexisme, une femme, un toit, UNEF, UNL, Mémoire Traumatique et Victimologie, Mouvement Jeunes Femmes, Voix de Femmes, Alliance des Femmes Pour la Démocratie

Dans la nuit du 13 au 14 avril 2014, plus de 200 jeunes filles étaient enlevées dans leur lycée de Chibok au Nord Est du Nigeria. Le 5 mai, Aboubakar Shekau, le leader du groupe Boko Haram, a revendiqué cet acte et a annoncé que ces jeunes filles seraient mariées de force ou vendues comme esclaves …

Les femmes nigérianes et les familles des jeunes élèves se sont mobilisées pour pousser le gouvernement de leur pays et les autres pays à agir. La solidarité s’est étendue dans le monde, et plusieurs Etats ont proposé leur aide aux autorités nigérianes pour retrouver les jeunes filles. Pendant ce temps, Boko Haram continue à faire régner la terreur. Il faut donc que la mobilisation ne faiblisse pas !

#Bring Back Our Girls !

Nous manifestons :

Pour exiger la libération immédiate des jeunes filles enlevées : la France et tous les Etats doivent accélérer et amplifier l’action pour retrouver ces jeunes filles et mettre fin aux exactions du groupe Boko Haram.

Pour dire que l’esclavage est un crime contre l’humanité : le 10 mai, la France a commémoré son abolition, mais ce combat n’est pas achevé ! la justice et les institutions internationales doivent se mobiliser pour retrouver, juger et condamner les auteurs de tels crimes.

Et pour que partout, les droits des femmes et des filles, les droits humains fondamentaux soient promus et garantis. La France doit mettre au cœur de ses politiques de coopération et d’aide au développement l’égalité entre les femmes et les hommes, le droit à l’éducation pour toutes et tous. L’éradication de la violence contre les femmes doit figurer parmi les objectifs du Millénaire définis par l’ONU.

Inscrivez-vous à l’événement, via Facebook https://www.facebook.com/events/258543900997776/?notif_t=plan_user_joined

Des actions, aussi en Province : 

Clermont-Ferrand (12 mai, 18h30, Place de Jaude), Bordeaux (13 mai, 17h30, Parvis des Droits de l’Homme) ou encore Paris (13 mai, 18h00, Parvis des Droits de l’Homme – Trocadéro) se mobilisent. Participons massivement à ces rassemblements !

Un village interdit aux hommes? Ça existe. UMOJA, VILLAGE-REFUGE


Un village interdit aux hommes? Ça existe. Dans le district de Samburu, au nord du Kenya, Umoja accueille les femmes victimes de brutalités domestiques ou de mariages forcés.

Photographie de Judy 20 ans et d'un enfant.Judy a refusé un mariage forcé avec un homme 20 ans plus âgé qu’elle. Un matin, elle s’est glissée hors de la hutte familiale et s’est enfuie à Umoja.

Ce mariage, Judy n’en voulait pas. Elle n’avait qu’une dizaine d’années lorsque son père a décidé d’arranger son union avec un homme âgé de 20 ans plus qu’elle. « Je devais être sa seconde épouse », raconte la jolie jeune femme aux cheveux courts, aujourd’hui âgée de 20 ans. Un matin, à l’aube, Judy s’est glissée hors de la hutte familiale et s’est enfuie. « J’avais entendu parler d’un village qui accueillait les filles qui refusaient les mariages forcés. Je suis montée dans un matatu [NDLR : un minibus de transport en commun très utilisé au Kenya] et j’ai finalement atterri ici, à Umoja. »

Besoin d’un lieu sûr

Le village d’Umoja (« unité » en swahili, la langue officielle au Kenya) jouxte la réserve nationale de Samburu, dans une région aride du nord du pays. Il est constitué d’une vingtaine de huttes faites de branchages et de bouse de vache, encerclées d’un enclos de buis épineux. Ici, il n’y a que des femmes. À l’exception des touristes de passage, les hommes n’ont pas le droit de pénétrer dans l’enceinte.

Ce village a été créé au début des années 1990 par une quinzaine de femmes samburu qui y ont trouvé refuge. La plupart d’entre elles affirment avoir été violées par des soldats britanniques, puis répudiées par leur mari pour cause de déshonneur*« C’est arrivé un jour où j’allais ramasser du bois dans la brousse. Trois hommes m’ont agressée. Lorsqu’il l’a su, mon mari m’a chassée de la maison parce que j’étais souillée », se souvient Nagusi Lolemu, l’une des fondatrices, assise à l’ombre d’un arbre. Alors qu’elle vendait des bijoux de perles au bord de la route, elle a rencontré d’autres villageoises dans la même situation. Leur chemin a croisé celui de Rebecca Lolosoli, une femme de poigne qui venait d’être violemment agressée par des hommes de la communauté samburu pour avoir tenté d’informer les femmes de leurs droits.

Photographie de Nagusi Lolemu, l’une des fondatrices du village et mère de sept enfants.

« Au début, les hommes se moquaient de nous. Ils étaient sûrs que nous ne pourrions pas nous en sortir sans eux. » — Nagusi Lolemu, l’une des fondatrices du village et mère de sept enfants

Les femmes se regroupent en coopérative et demandent aux autorités locales de leur donner une parcelle de terrain pour y bâtir leurs huttes. Ainsi est né Umoja. « Au début, les hommes se moquaient de nous, relate Nagusi, mère de sept enfants. Ils étaient sûrs que nous ne pourrions pas nous en sortir sans eux. »

Une petite révolution

Les Samburu représentent moins de 2 % des 43 millions de Kenyans. Dans cette société très patriarcale, les mutilations génitales et les avortements forcés — lorsqu’une adolescente tombe enceinte hors mariage — sont largement pratiqués. La très grande majorité des fillettes samburu sont excisées, un acte pourtant interdit au Kenya depuis 2001. Mariées jeunes, elles reçoivent rarement une éducation. « Les femmes sont la propriété de leur mari. Ce sont elles qui travaillent le plus, mais rien ne leur appartient », explique Jane Meriwas, fondatrice du Samburu Women Trust, une association qui enseigne l’éducation civique dans les villages du district.

Alors, des femmes samburu qui fondent leur village et gèrent leurs propres revenus, c’était une révolution! Parties de rien, elles ont réussi à se débrouiller seules. Le village compte aujourd’hui une cinquantaine d’habitantes et leurs enfants. Elles survivent grâce à la vente de bracelets et de colliers de perles colorées, aux visites (payantes) des touristes et à l’aide généreuse de donateurs internationaux, émus par la cause de ces courageuses féministes. Un camping pour les voyageurs qui visitent la réserve nationale de Samburu et même un petit centre culturel ont vu le jour à côté du village.

En outre, les femmes d’Umoja ont pu acheter à la municipalité le terrain sur lequel leur village est installé. Cette réussite a attisé la jalousie des hommes des communautés voisines; à plusieurs reprises, les résidentes ont subi leur harcèlement. Elles ont même dû engager trois guerriers pour les protéger durant la nuit. Visiblement, la situation s’est stabilisée. Dans la petite ville voisine d’Archers Post, les habitants semblent désormais respecter leur choix. Certaines femmes y ont même des amants… mais ils ne vivent pas avec elles.

Le pouvoir en mains

Petit à petit, Umoja est devenu un refuge pour les femmes des villages environnants, victimes de brutalités domestiques ou rejetées par leur clan.« Mon mari m’a violemment battue après que j’ai perdu une chèvre, dit Rose, 25 ans, au village depuis quelques mois. À Umoja, j’espère avoir une vie meilleure, mais aussi que mon garçon devienne un homme plus instruit que son père, un homme qui respecte sa femme. »

Photographie de Rose, 25 ans et installée au village depuis quelques mois

« À Umoja, j’espère avoir une vie meilleure, mais aussi que mon garçon devienne un homme plus instruit que son père, un homme qui respecte sa femme.  » — Rose, 25 ans et installée au village depuis quelques mois

Lors de réunions auxquelles sont invitées les femmes des communautés voisines, les matriarches d’Umoja enseignent leurs droits aux plus jeunes, parlent égalité des sexes et font de la prévention contre la violence et le sida. Ici, pas d’excision pour les filles, pas de mariage contre leur gré, et les garçons aident leur mère dans les tâches ménagères.

Surtout, les villageoises peuvent jouir de l’argent qu’elles gagnent, sans obligation de tout reverser à leur époux. Les revenus tirés du tourisme et les dons sont partagés entre toutes les femmes, qui peuvent subvenir à leurs besoins et envoyer leurs enfants à l’école. Elles ont aussi commencé à élever et à abattre du bétail, un rôle normalement réservé aux hommes. L’Organisation des Nations Unies a même invité la chef du village, Rebecca Lolosoli, à assister à une conférence mondiale sur l’autonomisation des femmes, à New York.

Les côtés sombres d’Umoja

Jane Meriwas reconnaît que l’initiative a permis d’attirer l’attention de la communauté internationale sur les difficultés des femmes samburu. « Mais séparer les femmes des hommes ne peut pas être une solution à long terme, pense-t-elle. C’est un traumatisme pour elles d’être exclues de leur communauté, et cela radicalise les rapports. » Elle estime que l’avenir passe avant tout par l’éducation. « Il faut que les hommes participent au dialogue et que la transition vers plus d’égalité et une émancipation des femmes samburu se fasse graduellement. » Mais les habitantes des villages isolés ont peu d’endroits où se réfugier. Umoja, qui s’est fait connaître grâce au bouche à oreille, a le mérite de fournir un abri d’urgence pour celles qui sont en détresse.

Derrière l’image flatteuse de ces révolutionnaires tribales, le tableau n’est pas idyllique. Dès que des visiteurs arrivent au village, les femmes s’empressent d’enfiler des colliers de perles traditionnels. Dans un scénario bien rodé, elles amorcent les négociations, avant de se mettre à danser, tapant des pieds sur le sol poussiéreux et agitant en rythme leurs lourds ornements sur leurs épaules. La chef du village interdit aux habitantes d’Umoja de parler aux étrangers sans paiement préalable. Le malheur se monnaie, et les dons continuent d’affluer. Pourtant, les enfants sont toujours en haillons et seules quelques jeunes filles peuvent s’offrir le luxe de fréquenter une école, le plus souvent grâce à un parrainage venant de l’étranger.

Devant ce constat, l’an dernier, une association américaine qui commanditait le village a cessé son partenariat direct avec Rebecca Lolosoli. « Nous ne passons plus par elle pour remettre nos dons aux femmes d’Umoja, car nous redoutons qu’elle utilise mal l’argent. Avec ce qu’elles ont reçu ces 20 dernières années, les résidentes devraient s’en sortir beaucoup mieux », dit la coordonnatrice du projet, qui refuse d’être nommée. Elle dénonce aussi la « dépendance à la charité » qu’ont développée les femmes d’Umoja. « Le projet est beau, mais la cupidité de certaines l’empêche d’évoluer. »

Selon elle, une vingtaine de résidentes auraient quitté le village ces deux dernières années à cause de l’autoritarisme de la matriarche. Une déception. « Mais elles s’en sortent plutôt bien. Plusieurs ont créé leur petit commerce, raconte-t-elle. Finalement, elles ont réussi, une nouvelle fois, à voler de leurs propres ailes. » Et l’émancipation des femmes samburu ne peut se faire que pas à pas. : :


  • *Plusieurs centaines de Kenyanes affirment avoir été violées, entre 1970 et 2003, par des soldats britanniques participant à des camps d’entraînement dans le nord du pays

 

Par Patricia Huon, 21 janvier 2014, Source : http://www.gazettedesfemmes.ca/8497/umoja-village-refuge/

Une Tête Bien Femme zoom… sur le GAMS Merci à Claire !


A l’occasion de la Journée Internationale Pour les Droits des Filles qui a eu lieu le 11 octobre, le GAMS organisait aujourd’hui, un après-midi sur cette thématique et profitait aussi de l’occasion pour pendre la crémaillère dans ses nouveaux locaux.

Qu’est ce que le GAMS ?

GAMS signifie Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles. La Fédération Nationale GAMS lutte contre l’excision mais milite également activement contre le mariage forcé et contre toutes pratiques traditionnelles portant atteinte à l’intégrité physique des femmes.

C’est une association qui a été créée en 1982 par des femmes africaines et françaises avec pour but d’aider les femmes victimes d’excision, de mariage forcé ou de toutes autres formes de violence.

Le GAMS mène aussi une action préventive auprès des populations immigrées, conseille , forme et soutient toute personne faisant appel à l’association.

Journée Internationale pour le Droit des Filles

Comme je le disais précédemment, je me suis rendue au siège social du GAMS  et à l’occasion de la journée internationale du droit des filles, une projection des court-métrages « Femmes Tout Court » produit par Les Productions Solidaires a eu lieu.

Des films courts et incisifs afin de rappeler qu’en France, n’importe qu’elle petite fille, adolescente ou femme, d’origine française ou étrangère, peut être la victime de pratiques dites traditionnelles mais pourtant interdites en France telles que l’excision ou la mariage forcé, qui sont les principaux combats du GAMS.

Cette visite m’a également permis de rencontrer les salariés de l’association mais aussi de rencontrer d’autres acteurs du milieu associatif qui se battent avec la même énergie pour le droit des femmes.

Je remercie donc la Fédération Nationale GAMS pour son accueil et son travail quotidien depuis plus de 30 ans, pour ces femmes d’ici et d’ailleurs.

Via UneTêteBienFemme http://unetetebienfemme.wordpress.com/2013/10/12/zoom-sur-la-federation-nationale-gams/

Parlons un peu de cette imposture culturelle : l’excision, par Solo NIARE


Des théories les plus irréalistes ont permis à toutes les formes de mutilations sexuelles féminines connues de traverser solidement les siècles. Pour justifier ces pratiques, certaines sociétés ont fait preuve d’imagination à une échelle plus fétide que fertile, celles qui ont servi de terreaux à ces pratiques ont toutes agi par l’oppression et le mépris de la gente féminine. Physiques comme moraux, ces différents asservissements se sont exprimés dans un cycle de barbaries intolérables qui n’honore pas la race humaine encore moins la phallocratie rétrograde qui les a institué.

 Vers une définition et une classification des mutilations sexuelles féminines

La notion de « mutilations sexuelles féminines » cible toutes les pratiques qui procèdent à sectionner un ou plusieurs éléments des organes féminins externes, ou à l’altération des organes génitaux féminins pour des raisons autres que médicales.

Couteau d'excision.

Couteau d’excision.

Les spécialistes s’accordent aujourd’hui sur trois types de mutilations qui se caractérisent par l’ablation partielle ou totale du clitoris et/ou du prépuce (clitoridectomie) ; l’ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes et/ou petites lèvres (excision) et, pour finir, la constriction de l’orifice vaginal avec création d’une fermeture réalisée par la coupure et le repositionnement des petites lèvres et/ou des grandes lèvres, avec ou sans excision du clitoris (infibulation).

Abstraction faite de la description détaillée d’acte de cruautés sans anesthésie, ces définitions montrent, à tout point de vue, l’étendue de l’atrocité réservée aux femmes dans les sociétés porte-étendard de ces pratiques d’un autre temps.

Rasez-moi ce phallus que je ne saurai voir.

Pour légitimer ces effroyables usages, les adeptes des mutilations sexuelles féminines, durant des siècles, après avoir préalablement opéré une hiérarchisation des sexes entre fort pour les hommes et faible pour les femmes, ont entrepris d’écarter toutes les tendances qui placeraient les deux genres sur un même piédestal. Pour ce faire, une des théories a consisté à voir dans le clitoris, un appendice qui s’assimilerait à un phallus, attribut naturel essentiellement masculin. « La femme n’est pas l’égale de l’homme et ne le sera jamais ». Il fut donc tout aisé de s’attaquer au « bout qui dépasse », pour certains, ou à la petite queue qui « gène »pendant les rapports sexuels, pour d’autres. Certaines autres civilisations, encore plus misogynes, avanceront une régulation du « trop plein » de libido féminine. Le clitoris étant considéré, pour leur imagination bien trop perverse, comme l’organe qui décuplerait l’envie sexuelle de la femme de sorte à la prédisposer à l’infidélité ou à l’adultère.

« Soft » ou « light », l’excision n’en demeure pas moins rustique.

Une nouvelle tendance dans la pratique de l’excision dite « conciliante » a vu le jour et, dès lors, s’est institutionnalisée dans certains pays. Il s’agit d’une variante qui se targue de permettre un juste milieu entre respect des traditions (Oh combien nécessaire !) et exigence sanitaire. C’est le cas de l’étrange réglementation adoptée en 2010 en Indonésie qui, sous la pression religieuse et populaire, réduit l’acte d’excision en un « simple » « frottage du capuchon clitoridien». Même en considérant ce procédé largement symbolique, il n’est pas exempte de mutilation encore moins de non respect du droit de la femme de disposer librement de son corps. La moindre entaille, aussi mineure qu’elle puisse être, concoure toujours à faire croire aux populations que le clitoris demeure « le problème » et donc avec lui la femme.

Il ne serait pas vain aujourd’hui de reconnaître la quasi inexistence de contre communication sur les prétextes qui soutiennent les mutilations sexuelles féminines. Démasquer seulement ces impostures ne suffirait pas. Il s’agit de pouvoir faire comprendre à toutes ces populations, les astuces par lesquelles on a abusé de leur extrême crédulité pour pérenniser une pratique fondée sur une « utilité hautement sociale » qui est l’asservissement de la femme, et qui, une fois de plus, participe à la condamner à ce que son corps et sa vie ne lui appartiennent pas, mais à la société et l’homme.

Solo Niaré

Source : http://wonk.mondoblog.org/2013/03/22/parlons-un-peu-de-cette-imposture-culturelle-lexcision/