Mutilations génitales féminines: un argumentaire islamique validé à Dakar


 

Le Réseau Islam et Population (RIP) a procédé, lundi à Dakar, à la validation d’un argumentaire islamique sur les mutilations génitales féminines (MGF) dont l’excision, a constaté APA.

 

 »L’argumentaire a pour objectif de donner un éclairage sur l’état des conclusions des Imams et Oulémas sur la question de la pratique de l’excision et de favoriser les échanges afin d’aboutir à un consensus national pour l’abandon de cette pratique », a expliqué Ousmane Samb, coordonnateur du RIP.

 

S’exprimant en marge de la cérémonie de validation dudit argumentaire, il a souligné que le document est une contribution au processus d’accélération de l’abandon de la pratique en démontrant que l’excision n’a jamais été une recommandation de l’Islam.

 

‘’Le débat que l’excision a suscité auprès des Oulémas demeure toujours un sujet de préoccupation qui a provoqué l’organisation de plusieurs rencontres sous forme de colloques, conférences, journées d’études…Tout cela a débouché sur des résultats encourageants, mais les recommandations portant sur l’abandon définitif du phénomène n’ont pas encore été réalisées », a souligné Imam Ousmane Samb.

 

Selon l’enquête démographique et de santé à indicateurs multiples (EDS-MICS) de 2011, au Sénégal 17% des femmes pensent que l’excision est une recommandation de l’Islam. La même enquête informe que 5420 communautés pratiquantes ont déclaré leur abandon.

 

Toutefois, elle révèle que la prévalence des MGF n’a chuté que de 3%, passant de 28% à 25% entre 2005 et 2011, avec des disparités régionales.

Auteur:   Apanews |  Lundi 27 mai, 2013

Source : http://www.seneweb.com/news/Societe/mutilations-genitales-feminines-un-argumentaire-islamique-valide-a-dakar_n_96580.html

 

Vers un programme d’opérations chirurgicales « réparatrices » pour les mutilations génitales féminines #Dakar #Sénégal


 

L’association Prévenir et ONU-Femmes ont engagé un programme d’opérations chirurgicales gratuites pour la réparation clitoridienne des femmes excisées, a annoncé à la presse le Docteur Abdoul Aziz Kassé de l’Institut du cancer de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, président de l’Association Prévenir qui travaille depuis 1998 dans la prévention des risques liés au cancer.
« Nous sommes en train de nous battre pour arrêter l’excision mais nous n’attendons pas le cri des femmes déjà excisées et qui, pendant longtemps, dans le silence de leur foyer ont émis des cris du cœur pour retrouver une sexualité assouvie et il n’y a pas encore de réponse », a dit Dr Kassé, samedi, en marge d’un atelier de formation de journalistes sur le cancer du col de l’utérus.
Le facteur de risque central du cancer du col de l’utérus s’appelle les papillomavirus. Les femmes qui ont un organe génital rétréci (femmes excisées) ont plus tendance à avoir des traumatismes lors des rapports sexuels, donc l’infestation par les Papillomavirus est plus facile, selon Dr Kassé.
Ainsi, la clinique des Mamelles a ouvert ses portes « pour offrir gratuitement les consultations pré-opératoires qui ont débuté depuis une semaine et les interventions chirurgicales prévues jusqu’en décembre ».
« Pour la réfection clitoridienne, si on a 30 femmes qui acceptent de se faire opérer gratuitement, nous avons fait un grand pas. Si c’est 50 c’est très bien. Et si c’est 100, c’est la perfection », a relevé Dr Kassé.
L’essentiel, a-t-il dit, « c’est d’inviter les femmes à faire la consultation de sexologie pré-opératoire ».
« C’est une technique d’une facilité incroyable, parce quand il y a une excision tout le monde croit que le clitoris est définitivement détruit alors que l’excision ne coupe que le bout du clitoris. Il reste plus de 15 centimètres à l’intérieur sous la peau qui s’est refermée », a rassuré Dr Kassé, également spécialiste en chirurgie.
« Il faut juste faire un transfert de technologie en faisant venir le chirurgien à Dakar pour former des chirurgiens sénégalais à cette technique de réparation », a dit le président de Prévenir.
Au total, 6 chirurgiens ont été identifiés : deux sur Dakar et 4 dans les régions. L’objectif est de montrer qu’il est possible de faire quelque chose pour ensuite laisser la mise à l’échelle aux pouvoirs publics ou à d’autres bailleurs.
Pendant longtemps, l’association a cherché des partenariats avec des institutions nationales ou internationales, ONU-Femmes, une agence des Nations Unies avait « exactement les mêmes vues » que l’association sur ces problèmes qui sont fréquemment liés à tous les problèmes de genre et de violences faites aux femmes.
En effet, a dit Dr Kassé, c’est toujours les mêmes femmes qui malheureusement ont été excisées, sont données en mariage précocement, qui font des grossesses précoces, font des rapports sexuels précoces, qui sont dans des mariages polygames, qui ont des infections génitales chroniques mal traitées.
« C’est cet ensemble d’éléments qui constituent des violences faites aux femmes qu’il faut réparer », a-t-il soutenu.
Ensemble, ils ont développé un programme pour 2012, l’Association a mis ses propres moyens et ONU-Femmes est venue les appuyer avec un financement de 54 millions pour équiper toutes les structures de santé des régions où les chirurgiens vont intervenir, selon Marie Pierre Racky Chauppin, chargée de programme à ONU-Femmes.
Il s’agit aussi, à travers ce partenariat, « de ne pas regarder le cancer du col de l’utérus détruire la vie des femmes », a-t-elle dit.
Aussi ONU-Femmes a décidé que le vaccin préventif contre le cancer du col de l’utérus, qui risque de poser un problème d’accessibilité par son coût, soit disponible pour les femmes des couches les plus défavorisées.
Un certain nombre d’unités vaccinales a été mis à la disposition des structures de santé d’intervention de l’association Prévenir.
Source: APS
Via : http://www.lesoleil.sn/index.php?option=com_content&view=article&id=20283%3Avers-un-programme-doperations-chirurgicales-reparatrices-pour-les-mutilations-genitales&catid=78%3Aa-la-une&Itemid=82