A Niamina, en #Gambie, des exciseuses renoncent volontairement à leurs pratiques


L’organisation de lutte pour les droits des femmes GAMCOTRAP (section Gambienne du Comité inter-Africain a mené une campagne de sensibilisation fructueuses auprès de communautés du district de Niamina. Ces communautés sont à présent déterminées à éradiquer les mutilations sexuelles féminines, pourtant profondément ancrées dans leurs traditions.

Le Dr Isatou Touray, directrice de GAMCOTRAP, explique que cette démarche a été rendue possible par le partenariat entre GAMCOTRAP et l’UNFPA, le Fonds des Nations Unies pour la Population. Ce programme a permis à une trentaine d’exciseuses volontaires d’abandonner cette pratique et de se former à une autre activité respectueuse des droits humains.

Après une formation de 2 ans sur le sujet, ces femmes ont été convaincues du caractère néfaste de l’excision, et que cette mutilation n’a aucun fondement religieux. Elles ont elles-mêmes décidé d’y renoncer et d’entamer une autre activité lucrative qui soit respectueuse des droits humains.

A cette fin, le programme leur a accordé non pas un prêt mais une subvention et elles ont pu suivre une formation à l’entrepreuneuriat et au management. A présent, ces femmes ont également la responsabilité de sensibiliser leurs communautés.

La Cérémonie d’Abandon du Couteau de 2015 a marqué l’accomplissement de cette démarche, avec les déclarations publiques des anciennes exciseuses quant à l’abandon de la pratique. Alhagie Kebba Touray, Chef du Niamina oriental, a déclaré que les exciseuses présentes étaient toutes informées du fait que cette mutilation ne trouve aucune justification dans un texte religieux. Si elles ont de nouveau recours à l’excision, il s’agira donc d’un crime dont elles seront considérées comme pleinement responsables.

Traduction : Pauline ARRIGHI

Source : All Africa

Dans l’Anti-FGM Newsletter : September/October, d’Egalité Maintenant

Assemblée nationale malienne : réquisitoire contre l’excision


Le 19 mai dernier, les député-e-s malien-ne-s ont été sensibilisés à l’adoption d’une loi contre les mutilations sexuelles féminines considérées comme une violation des droits des filles et des femmes

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Un atelier de plaidoyer en faveur de l’abandon des mutilations génitales féminines/excision (MGF/Excision) s’est tenu samedi dans la salle Aoua Keïta de l’Assemblée nationale. Organisée en collaboration avec l’Association malienne pour le suivi et l’orientation des pratiques traditionnelles (AMSOPT), le Programme national de lutte contre la pratique de l’excision, le Groupe pacte contre l’excision, le FNUAP, l’UNICE et le Réseau des parlementaires maliens pour la lutte contre les violences faites aux femmes, la session visait à sensibiliser les élus sur l’opportunité d’adopter une loi sur la question.

Notre pays a ratifié plusieurs conventions et traités relatifs aux droits des femmes et des enfants qui engagent l’Etat à légiférer contre la pratique de l’excision, sous peine de figurer sur la liste des pays non respectueux des droits des femmes et des enfants.
L’excision est un phénomène très répandu dans notre pays. 
Selon l’EDSM-V, 69% des filles et 91% des femmes de 15 à 49 ans ont subi cette pratique dans les régions de Kayes (95%), Sikasso (89%) et Mopti (88%). Il faut préciser que les régions de Tombouctou, Gao et les cercles de Douentza, Ténenkou et Youwarou n’ont pu être inclus dans l’enquête.
Par son ampleur et ses conséquences néfastes sur la santé sexuelle et reproductive, l’excision dans notre pays est classée comme un réel problème de santé publique. Elle est une des causes de la morbidité et de la mortalité maternelle et infantile. Les complications et séquelles qui en découlent sont, entre autres, l’hémorragie, la douleur pouvant aboutir à la mort, les infections à répétition, les accouchements difficiles, l’infertilité, le risque d’infection au VIH-Sida , l’incontinence urinaire ou encore les fistules.
Les mutilations génitales féminines sont considérées comme une violation des droits des filles et des femmes, comme cela est énoncé dans de nombreuses conventions internationales et sous-régionales ratifiées par notre pays.
L’élimination de cette mutilation est un élément indispensable à la réalisation de certains Objectifs du millénaire pour le développement. Il s’agit notamment de la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes, de la réduction de la mortalité infantile et de l’amélioration de la santé maternelle.
« L’excision est une pratique mutilante qui porte atteinte à l’intégrité physique et à la santé sexuelle et reproductive de la fille et de la femme qui l’ont subite. A ce jour, il n’y a pas de textes législatifs spécifiques criminalisant la pratique de l’excision dans notre pays », a détaillé la présidente de l’AMSOPT, Mme Sidibé Kadidia Ahoudou Maïga. Pour elle, il s’agit concrètement pour les acteurs de la lutte contre les violences faites aux femmes et de la promotion des droits humains d’inviter les députés à inscrire « le vote de la loi contre la pratique dans leur calendrier ». De ce point de vue, l’atelier apparaît comme un pas dans le processus devant mener à l’adoption d’un texte interdisant la pratique de l’excision au Mali. Ce texte soutiendrait les nombreuses communautés villageoises qui ont signé des déclarations publiques d’abandon des MGF/E mais aussi celles qui ne l’ont jamais pratiquée.
Le vice-président du Réseau des parlementaires maliens pour la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, Adama Paul Damango, a estimé à l’ouverture des travaux qu’il était de la responsabilité historique des élus de travailler à combler ce vide juridique. Pour lui, une proposition ou un projet de loi serait le bienvenu. Il a appelé les membres du réseau à entreprendre toutes les démarches nécessaires pour que les conséquences néfastes liées à la pratique de l’excision relèvent du passé dans notre pays.
A. LAM

Source : L’Essor http://mali-web.org/societe/assemblee-nationale-requisitoire-contre-lexcision

Journée Internationale Tolérance 0 aux Mutilations Sexuelles Féminines


Vous n’avez pas pu être présent-e au Colloque « Excision, les défis de l’abandon », avec nos partenaires de la mobilisation « Excision, parlons-en ! »

Retrouvez ci-dessous, les moments forts de la journée, grâce au site Terriennes de TV5 Monde :

Ce jeudi 6 février marque la Journée internationale de lutte contre l’excision et les mutilations sexuelles féminines. Les actrices et les acteurs en faveur de l’abandon de ces mutilations se réunissent aujourd’hui à Paris à l’appel du collectif « Excisions, parlons-en  » ! Suivez en direct ces rencontres et débats.

Excision, parlons-en ! « Les défis de l’abandon » – 6 février 2014 – Paris


En partenariat avec la Mobilisation Excision, parlons-en, dont la Fédération nationale  GAMS est co-fondatrice, nous organisons le 6 février prochain , au Ministère des Affaires Etrangères, un Colloque intitulé « L’excision, les défis de l’abandon », retrouvez toutes les informations sur le site internet d’Excision, parlons-en !

http://www.excisionparlonsen.org/Agenda/colloque-excision-les-defis-de-labandon/

Pour vous inscrire, envoyez un courriel à l’adresse suivante :  inscription@excisionparlonsen.org

Au plaisir de vous y retrouver nombreuses et nombreux !

Tillabéri : Cérémonie de déclaration publique d’abandon des mutilations génitales féminines et l’excision à Makalondi #Niger


Par notre homologue du Niger, le CONIPRAT, section nigérienne du Comité Inter-Africain sur les pratiques traditionnelles néfastes à la santé des femmes et des enfants.

Publié le jeudi 16 mai 2013   |  Le Sahel

Source http://news.aniamey.com/h/1425.html

La
© aNiamey.com par Moussa Sogodogo 
La Première Dame de la République du Niger, Dr Malika Issoufou Mahamadou


Les campagnes de sensibilisation que mènent le gouvernement et ses partenaires notamment l’UNICEF ; l’UNFPA ; l’OMS ; l’ONG CONIPRAT etc. sur les mutilations génitales féminines et l’excision ont engrangé des résultats fort encourageants, non seulement par le taux de la pratique qui est passé de 4,5% en 1998 à 2,2% en 2006, mais surtout à travers cette déclaration publique d’hier matin, de vingt (20) villages de la commune rurale de Makalondi, région de Tillabéri à abandonner définitivement cette tradition culturelle aux conséquences incalculables sur la santé des femmes et des enfants. C’est la Première Dame Dr. Malika Issoufou, Marraine de la lutte contre l’excision qui a présidé les travaux de cette journée historique pour les populations locales où la pratique des mutilations génitales féminines sévit à 65%. Cette cérémonie a été marquée par des animations ; des sketchs et des danses reflétant typiquement la culture gourmantché.

La volonté politique des autorités de la 7ème République à lutter efficacement contre les pratiques ancestrales néfastes s’est manifestée surtout à travers la résolution 67/146 de l’Assemblée générale des Nations Unies du 20 décembre 2012, interdisant au plan mondial les mutilations génitales féminines et l’excision. En ouvrant les travaux de cette cérémonie qui marque la fin des pratiques séculaires extrêmement dangereuses, la Première Dame Dr. Malika Issoufou a rappelé à la population de la commune rurale de Makalondi que les MGF constituent une violation flagrante des droits fondamentaux des femmes et des filles avec des répercussions graves sur leur avenir. En tant que médecin et mère » je ne saurais restée en marge du combat que mènent le gouvernement et la société civile avec l’appui des partenaires pour que cette pratique soit bannie à jamais au Niger. Cette cérémonie m’offre l’opportunité de réitéré mon engagement à accompagner toute initiative visant à éradiquer les mutilations génitales féminines et toute autre forme de violence qui porte atteinte à la dignité et à la santé de la femme et de la fille », a-t-elle affirmé.
Quant à la ministre de la Population, de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant Mme Kadidiatou Maikibi Dandobi, elle a précisé que cet événement est un prolongement des festivités entrant dans le cadre de la célébration de la journée nationale de la femme nigérienne dont le thème est :«non aux violences faites aux femmes et aux filles », édition 2013. Les mutilations génitales féminines sont incontestablement une violence intolérable au regard de ses conséquences sur les plans psychologiques, sexuel et procréatif des femmes. Fort de ce constat pernicieux, les organisations de la société civile, notamment le Comité Nigérien sur les Pratiques Traditionnelles ayant effet sur la santé des femmes et des enfants (CONIPRAT), luttent inlassablement contre le fléau.
Auparavant, la présidente de l’Ong CONIPRAT, Mme Djataoua Ouassa a indiqué que depuis sa création à ce jour, soit 23 ans d’existence et d’actions, le Comité Nigérien sur les Pratiques Traditionnelles œuvre sans relâche pour le bien-être des femmes et des enfants en luttant contre les pratiques néfastes. Pour ce faire, le comité a développé plusieurs stratégies dont celle dite de reconversion des exciseuses pour éradiquer la pratique des MGF/excision. Ainsi, les changements sont aujourd’hui appréciables sur le terrain et à en croire les résultats des enquêtes démographiques, de santé, et à indicateurs multiples, la prévalence nationale des mutilations génitales féminines était passée à l’espace de 8 ans de 5% à 2,2% soit une réduction sensible de presque de la moitié.
Le représentant de l’UNICEF, tout comme le gouverneur de la région de Tillabéri et le maire de la commune rurale de Makalondi ont rendu un hommage mérité aux communautés de 20 villages gourmantché pour avoir abandonné des pratiques qu’elles ont hérité depuis plusieurs générations. S’en est ensuite suivie la déclaration publique d’abandon des MGF par la population de ces villages à travers les différents groupes qui le composent. Pour joindre l’acte à la parole, un vieillard a remis les outils de la pratique au Chef de canton de Torodi qui a procédé à leur enterrement. En tout cas, les témoignages des victimes et de leurs parents au cours de cette cérémonie, conjugués aux multiples campagnes de sensibilisation de CONIPRAT laissent présager que les objectifs seront atteints à savoir zéro mutilation génitale féminine sur toute l’étendue du territoire nigérien.

 

Le lévirat – « les veuves font partie de l’héritage » #Cote d’Ivoire


Prendre pour nouvelle épouse la femme d’un frère défunt afin d’assurer la continuité du lignage. Cette pratique appelée lévirat, bien qu’en forte régression dans les villes, a toujours la peau dure en milieu rural en Côte d’Ivoire. Pire, elle a aussi contribué à la propagation du Vih/Sida dans les zones où cette pratique se déroule toujours.

Yao Aya, la quarantaine révolue, vivait dans un des nombreux campements de la localité de Sassandra avec son mari et leurs quatre enfants. Le couple exploitait une plantation de cacao qu’ils ont créée pendant les années 1990. Suite à une courte maladie, son mari décède. Le corps de Kouamé Yao est transféré à Kongossou, son village natal dans la sous-préfecture de Dimbokro pour l’enterrement. Après les funérailles, la famille se réunit, comme il est de coutume, pour désigner la personne qui aura à gérer les biens du défunt et ses enfants dont l’aîné a 12 ans et est en classe de 6ème au lycée moderne de Dimbokro.

C’est le jeune frère du défunt, Kouamé Kouakou, qui est désigné par le conseil de famille  pour veiller sur les biens de son aîné avec qui, il vivait à Sassandra. Le jeune homme vient juste d’avoir ses 30 ans ce mois de mars 2010. En plus des charges à lui confier, il accepte de prendre comme épouse la femme de son grand frère…qui pourtant l’a vu grandir. « J’ai accepté ce mariage traditionnel pour rester auprès de mes enfants afin qu’ils tirent véritablement profit des biens de leur père », indique Yao Aya. Deux ans plus tard, le cercle familial s’agrandit avec la naissance d’un nouveau bébé.

Koffi Amoin avait 26 ans quand son mari décédait en février 2010. Elle a refusé de prendre en secondes noces, le neveu de son mari qui lui a été proposé. Elle a payé très cher ce refus que sa belle famille a considéré comme un affront. Ainsi que sa propre famille. « Dans cette bataille, je n’ai même pas reçu le soutien de ma propre famille. J’ai été abandonnée par tous », explique la veuve.

En effet, Koffi Amoin, n’a bénéficié d’aucuns biens de son mari. Et pourtant, elle a aidé ce dernier à réaliser une plantation d’hévéa dans la région de Daoukro, qui justement est rentré en production depuis deux ans avant la mort de son époux.

Pis, elle a été priée de quitter la cour familiale. Ses enfants, eux, ont été donnés aux différents membres de la famille de son défunt mari. Même le dernier d’un an qui n’a pas encore été totalement sevré du lait maternel. « Quand j’ai voulu rejoindre mes parents. Notre chef de famille m’a fait comprendre très clairement que je n’étais plus la bienvenue », explique-t-elle en larmes.

Sandaogo Yamdolé, 45 ans, originaire du Burkina Faso, précisément de Koupéla dans la province du Kuritentaga, à la mort de son mari, selon la tradition, devrait prendre pour époux l’un des premiers fils de son mari, qui avait 10 ans de moins qu’elle.

Celle-ci refuse catégoriquement ce mariage qu’elle juge contre nature. Alors que ses coépouses ont accepté les leurs. En tout cas, la communauté villageoise n’a pas accepté la réponse de la femme. Face à cette situation jugée inacceptable, Sandaogo Yamdolé sera copieusement battue par ses propres parents avant de lui demander de revenir sur sa décision. La dame maintient sa position. Elle sera une fois de plus agressée physiquement et excommuniée du village.

Elle quitte alors son village natal pour Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso pour trouver refuge chez l’un de ses cousins qui enseigne dans un établissement secondaire de Ouagadougou. Celui-ci lui fait savoir qu’il a la même position que la communauté villageoise et qu’il ne peut la garder pour essuyer la foudre de celle-ci.

Il lui donne un peu d’argent pour qu’il rejoigne l’un de ses frères, planteur de cacao à Tiassalé (Côte d’Ivoire). Ainsi depuis quelques années, elle vit chez son jeune frère sans soucis. Sauf qu’une fois en Côte d’Ivoire et constamment malade, elle se rend à l’hôpital. C’est là qu’elle découvre qu’elle est séropositive.

« C’est en ce moment que j’ai compris de quoi notre mari était décédé. Si j’avais accepté d’épouser le fils à mon défunt mari, je l’aurai contaminé ainsi que ses femmes. Il en avait déjà 2 », révèle-t-elle. Avant de souligner qu’elle est sous traitement antirétroviral et attend aujourd’hui un enfant de son nouveau mari, quelqu’un de son choix.

Comment comprendre cette pratique ‘’dite rétrograde’’ consistant à marier une veuve avec un frère ou fils de son défunt mari afin d’assurer la continuité du lignage ?

Il faut se tourner du côté des sociologues pour avoir un début de compréhension. Selon les sociologues, cette pratique, souvent forcée et combinée avec la polygamie, est encore pratiquée dans certains pays africains. Le Bénin l’a interdit en même temps que la polygamie le 17 juin 2004. Elle est encore pratiquée dans plusieurs pays d’Afrique de l’ouest, dont le Burkina Faso ou le Togo. Elle existe également dans certaines communautés du Tchad.

Ce type de remariage est dénoncé comme étant une pratique rétrograde, limitant les droits des femmes. Cette politique maintient l’idée qu’« une veuve fasse partie de l’héritage ».

Certains auteurs font remarquer que la pratique du lévirat est la seule mesure de protection sociale dont bénéficient les veuves dans ces pays, et qu’il n’est pas forcément bienvenu de lutter contre cette pratique sans en remplacer l’aspect social et humanitaire.

Selon la sociologue burkinabé, chargée de recherche au Cnrst/Inss, Dr Kaboré Madeleine, les modes de transmission de l’héritage dans les sociétés qui pratiquent le lévirat peut inclure l’aspect humain en ce sens que les veuves font partie de l’héritage.

Ainsi le mariage, selon la logique coutumière, est une affaire lignagère. En effet, cette institution est l’alliance sacrée entre deux familles de lignage différent par l’intermédiaire d’un homme et d’une femme mus par des droits et des devoirs réciproques. « Ce procédé engageant deux groupes sociaux, implique tous les membres de la communauté qui, dans les normes, assurent une responsabilité collective », explique la sociologue.

Ainsi, cette stratégie d’extension du groupe familial par les divers mariages ou remariages confiés au plus ‘’vieux” de la communauté villageoise, oblige les bénéficiaires à respecter sans conditions, les exigences des coutumes en matière d’alliance.

Conséquences du refus du lévirat

Selon la coutume, la maladie qui a tué le mari est sans importance. Ce qui importe, en revanche, c’est que l’épouse soit ‘’nettoyée’’ [par le remariage] et qu’elle puisse ainsi s’intégrer facilement au reste de la communauté.

Conséquence, des femmes dont les maris sont décédés de maladies infectieuses graves, telles que le Vih/Sida vont se remarier avec d’autres personnes de la même famille. Ce qui va contribuer à prolonger la chaîne de contamination de la pandémie.

« Lors d’une consultation prénatale de mon dernier fils qui aujourd’hui a 6 ans, j’ai découvert que j’étais séropositive. Je n’ai pas informé mon mari qui est décédé juste après la naissance de notre fils. Ainsi me sachant séropositive, j’ai refusé le frère de mon mari qu’on a voulu me donner en remariage », commente Goueu Delphine, une jeune femme originaire de Danané dans l’ouest ivoirien.

Même les veuves qui sont dans un état de santé normal et qui refusent le lévirat, doivent recourir à la prostitution pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille.

C’est le cas d’Augustine. G, une femme nigériane de 40 ans, de l’ethnie Igbo. Elle exerce le plus vieux métier du monde à Abidjan-Adjamé. Lieu où elle s’est installée, il y a une dizaine d’années. « Mon mari était un riche homme d’affaires à Lagos au Nigeria. Il était tout pour moi. Je n’avais rien appris comme métier et je ne suis pas non plus allée à l’école. A sa mort, il m’a été demandé de prendre son cousin en remariage. Après mon refus, je me suis retrouvée à la rue avec les quatre enfants », explique Augustine G.

Aujourd’hui, c’est la prostitution qui lui permet de subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants qui sont restés avec sa mère, une sexagénaire, au pays.

Augustine G. affirme qu’elle a quitté son pays parce qu’elle ne se sentait plus en sécurité. Elle faisait l’objet de menaces de la part de certains membres de la famille de son défunt mari. On lui reprochait d’avoir porté plainte à la justice pour espérer bénéficier des biens de son mari qui lui revenaient de droit ainsi qu’à ses enfants.

« Quand vous allez en justice, la police, la magistrature et la famille du défunt et quelques fois des membres de votre propre famille sont contre vous. De sorte que vous devez rentrer chez vous, dans le même environnement. Il faut des années et beaucoup d’argent pour faire entendre sa cause devant les tribunaux », soutient-elle.

Et pourtant, nombre de pays africain où se pratique encore le lévirat, ont signé de nombreux traités internationaux protégeant les droits des femmes et des mineurs, y compris plusieurs conventions et pactes des Nations Unies (Convention relative aux droits de l’enfant, Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, Pacte international relatif aux droits civils et politiques, Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Cedaw), Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale) ; ainsi que la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (Center for reproductive rights 2003, 78; Omct et Cleen juin 2004, 4).

En fait, comme la pratique est en nette régression, les organisations nationales féminines de lutte contre les droits de la femme n’accordent pas une très grande priorité à la lutte contre la pratique du lévirat.

Théodore Kouadio

koudore@fratmat.info

Source : http://www.fratmat.info/focus/enquete/item/395-le-l%C3%A9virat-la-pratique-toujours-en-cours-en-milieu-rural

#30 ans du GAMS – Second « cadeau » par les Nations Unies


L’ONU adopte une résolution contre l’excision

Créé le 27-11-2012 à 06h48 – Mis à jour à 07h32

Les mutilations génitales touchent des millions de femmes à travers le monde.

L'ONU adopte une résolution contre les mutilations génitales (Frank Franklin II/AP/SIPA)

L’ONU adopte une résolution contre les mutilations génitales (Frank Franklin II/AP/SIPA)

L’Assemblée générale de l’ONU a adopté lundi 26 novembre sa première résolution dénonçant les mutilations génitales féminines qui affectent quelque 140 millions de femmes dans le monde.

Ces pratiques, dont l’excision, sont illégales dans une vingtaine de pays africains et en Europe ainsi qu’aux Etats-Unis et au Canada notamment, mais elles n’avaient encore jamais fait l’objet d’une condamnation à un tel niveau dans les instances de l’ONU.

Plus de 110 pays, dont une cinquantaine africains, ont soutenu conjointement ce texte qui demande aux Etats membres de « compléter les mesures punitives par des activités d’éducation et d’information ».

Nous ne ménagerons aucun effort pour atteindre notre objectif: mettre fin aux mutilations génitales féminines en l’espace d’une génération. Aujourd’hui cet objectif est plus proche que jamais », a déclaré l’ambassadeur italien à l’ONU, Cesare Ragaglini, l’un des principaux partisans de cette initiative.

Il a qualifié la résolution « d’outil très puissant » pour vaincre les réticences des pays à bannir cette pratique.

Selon l’Organisation internationale des migrations (OIM), les mutilations génitales féminines affectent entre 100 et 140 millions de filles et de femmes à travers le monde et cette pratique s’est étendue ces dernières années aux pays occidentaux en raison de l’accroissement des flux migratoires.

Les mutilations génitales féminines concernent toutes les interventions incluant l’ablation ou la lésion des organes génitaux externes de la femme, pratiquées pour des raisons culturelles ou religieuses.

Source :  http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20121127.OBS0555/l-onu-adopte-une-resolution-contre-les-mutilations-genitales.html