La dépigmentation, un fléau qui peut mener au tragique


Au grand marché de Dakar, quasiment tous les produits servent au blanchiment de la peau.
© RFI/Guillaume Thibault

En France mardi 8 décembre se sont ouvertes les Journées dermatologiques de Paris. C’est l’occasion pour les dermatologues de se pencher sur un phénomène qui touche énormément de femmes noires : la dépigmentation. De très nombreuses Africaines utilisent des crèmes ou des médicaments pour se blanchir la peau, une pratique non sans risque. Reportages.

Sur les étals du marché Niger à Conakry, nombreux sont les laits éclaircissants. Des produits bon marché vendus par des marchands non qualifiés. Il y a quelques mois, Aicha a utilisé ses crèmes. « J’ai vu mes copines utiliser le produit, raconte-t-elle. J’ai mis le produit, mais je ne me regardais même pas tellement que la peau est gâtée. J’avais plein de boutons, ça c’est brûlé. »

Au-delà des cosmétiques et des médicaments dérivés, certaines Guinéennes vont encore plus loin, explique Madame Kaba, esthéticienne : « On parle de cosmétique là. Mais au-delà de ça, on a du détergent. Des femmes qui utilisent aujourd’hui du défrisant sur la peau, des femmes aujourd’hui qui utilisent de l’eau oxygénée sur la peau, des femmes qui utilisent du papier mural pour gratter les murs pour pouvoir refaire la peinture, du ciment de construction sur la peau. C’est inimaginable ! ».

A l’hôpital Donka, la salle d’attente du dermatologue Mohamed Cissé ne désemplit pas. Il constate de nombreuses complications comme de l’acné, des champignons ou des tâches. Plus grave, des troubles des règles, de l’insuffisance rénale ou encore l’apparition de diabète. « C’est un véritable de problème de santé publique aujourd’hui et rien n’est fait, analyse-t-il. Les gens importent leurs produits du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, mais aussi venant de l’Occident. Il est important que la législation s’y penche pour prendre les dispositions qui s’imposent pour pouvoir éradiquer ce phénomène ».

Selon les statistiques du chef de service, un quart des femmes viennent le consulter à cause des produits pour s’éclaircir la peau.

Au Sénégal, des produits en vente libre

Sur l’un des grands marchés de Dakar, les produits pour se blanchir la peau sont en vente libre. « Communément on l’appelle le khessal. Etymologiquement en wolof, ça veut dire « devenir blanche » ». Sur l’étiquette il est écrit « Lait traitant éclaircissant ». Dans les détails, on y trouve du pétrole, du bromide, de la glycérine.

« C’est quelque chose que j’aime, c’est pour cela que je veux utiliser ça. J’aime ça pour être plus belle », raconte une cliente. « Ça brûle, et ça ne s’enlève plus jamais, jusqu’à la mort », s’insurge une autre.

« D’habitude mes clients, je leur dis que ce n’est pas bon de le mettre sous le soleil, affirme un vendeur. Il faut attendre le coucher du soleil parce que si tu le mets avec le soleil, ça va cramer toute la peau. »

« Que ce soit des produits améliorés ou pas, le risque est le même, témoigne une autre femme. C’est plus que dangereux, c’est cancérigène. C’est le cancer de la peau à la longue. Donc je n’hésite pas à dire à mes sœurs : « stop ». »

Ecoutez aussi Fatimata Ly, dermatologue spécialiste de la dépigmentation, invitée d’Afrique soir ce mercredi 9 décembre sur RFI.

Chronologie et chiffres clés
Capture d'écran d'un cours de Aliaa Gad sur les problèmes d'érection

Une YouTubeuse égyptienne bouscule les tabous sur la sexualité dans le monde arabe


Des problèmes d’éjaculation précoce aux meilleures positions sexuelles, en passant par la taille du pénis préférée chez les femmes, Aliaa Shams n’élude aucun sujet dans ses vidéos. Et les internautes en redemandent.

Aliaa Gad est diplômée en médecine de l’Université Ain Shams du Caire, avec une spécialisation en éducation sanitaire. Elle a lancé sa chaîne YouTube en 2010 pour dispenser des conseils sur la sexualité à destination du public arabophone. Le succès de ses vidéos est époustouflant.

Celle où elle parle de la taille idéale du pénis a par exemple été vue plus de 1,6 million de fois. Une autre où elle donne des conseils sur le comportement à adopter lors de la nuit de noces a été visionnée plus de 3 millions de fois.

Sur sa chaîne YouTube Afham TV (Comprendre TV) Aliaa Gad publie aussi maintenant des vidéos en anglais.

Erectile Dysfunction Vidéo qui évoque les problèmes d’érection.

« Changer les mentalités sans casser les traditions »

Quand j’étais étudiante à l’Université Ain Shams en Égypte, je me suis rendu compte qu’il y avait un manque d’information terrible sur la prévention de certaines maladies sexuellement transmissible. À cette époque [milieu des années 1990, ndlr], les chaînes satellitaires commençaient à se développer en Égypte. J’en ai contacté plusieurs pour leur présenter un projet de programme éducatif autour de ces questions. Mais je n’ai eu aucun retour.

En 2010, j’ai donc décidé de produire mes propres films éducatifs sur YouTube. J’ai acheté une vielle caméra à cinq euros et j’ai commencé à faire des vidéos très basiques sur la santé et la famille. Dans l’une des premières vidéos, j’ai parlé du dépistage du cancer du sein. J’ai eu beaucoup de retours et j’en ai été étonnée. Des femmes m’ont contactée pour me remercier et me dire qu’elles avaient pu déceler de façon précoce un cancer grâce à cette vidéo. Du coup, ça m’a beaucoup motivée. Et j’ai donc continué.

Conseils sur l’utilisation du préservatif féminin. Female Condom

Peu de temps après, j’ai parlé dans une vidéo de l’éjaculation précoce. Et là, en très peu de temps j’ai eu un million de vues, puis deux millions. Ça n’arrêtait pas, j’étais stupéfaite.

Mon travail d’éducatrice de santé m’amène à aborder des sujets aussi divers que les premiers soins, les maladies chroniques, la santé dans la famille. Mais comme j’ai reçu des milliers de demandes pour évoquer les problématiques liées au sexe, je me suis davantage investie dans ce domaine.

« Beaucoup d’internautes que disaient que leur nuit de noce avait été une catastrophe »

J’ai par exemple reçu des milliers de messages d’internautes me demandant des conseils sur la nuit de noce. Beaucoup de se plaignaient et me disaient que ça avait été une catastrophe. Dans beaucoup de régions du monde arabe, la nuit de noces est un rituel au cours duquel la femme est censée perdre sa virginité. J’ai donc réalisé plusieurs vidéo où je leur conseille par exemple de se détendre, de prendre le temps de se connaître, de connaître le corps de l’autre. Je dis aussi de déculpabiliser les hommes et leur dire qu’ils ne sont pas obligés de passer à l’acte dès la première nuit. J’explique aux internautes qu’une mauvaise expérience peut conduire à des problèmes d’érection chez l’homme, ou des cas de vaginisme chez la femme.

J’ai également fait des vidéos sur le problème de l’excision qui est malheureusement assez répandue en Égypte, alors que c’est interdit par la loi. Mais la solution de la répression proposée par l’État a conduit des gens à pratiquer l’excision en cachette. Pour ma part, je parie sur l’éducation, en expliquant de manière scientifique comment cela gâche la vie sexuelle d’une femme et parfois même met sa vie en danger.

« En Égypte par exemple, beaucoup considèrent le sexe comme honteux »

Si je reçois beaucoup de demandes autour de la sexualité, c’est bien évidemment parce que dans ces pays le sujet est tabou. En Égypte, par exemple, beaucoup considèrent le sexe comme honteux, presque comme un crime. Beaucoup d’hommes ne connaissent la sexualité qu’à travers du porno. Or je leur explique que ce sont des acteurs qui jouent la comédie et que dans la vie réelle le sexe ne se pratique pas de la même manière.

Mes vidéos sont très suivies en Égypte, au Maroc et même Arabie saoudite. Mais cela ne veut pas dire que je suis toujours la bienvenue dans ces pays. En mars dernier, j’ai étéinvitée par une chaîne saoudienne à participer à un débat en duplex à l’occasion de la journée de la femme. Le sujet ne concernait pas du tout la sexualité, je devais uniquement parler de la participation de la femme dans la vie politique. Pourtant, j’ai été violemment attaquée sur les réseaux sociaux. J’ai reçu des milliers de messages d’insultes sur Twitter. Un internaute a même dit que le symbole féminin qui apparaît sur mon site était le signe des francs-maçons. La chaîne saoudienne a été obligée de supprimer l’émission de son site Internet après cet incident.

« Le sexe est une belle chose et qu’il ne faut pas avoir honte d’en parler »

Même si je cherche à changer les mentalités autour de sexualité dans le monde arabe, je ne cherche jamais à casser les traditions locales. Par exemple, je ne conseille jamais aux gens d’avoir des relations sexuelles avant ou en dehors du mariage. Je cherche juste à transmettre le message selon lequel le sexe est une belle chose et qu’il ne faut avoir honte d’en parler et de le pratiquer.

 Par  Aliaa Gad
 Source :  Observer France 24

Ethiopie: Yegna, le groupe qui veut faire bouger la condition féminine


Leur première chanson « Abet », une mélopée douce et langoureuse, s’est hissée au top du hit-parade éthiopien et les cinq filles de Yegna (« Nous » en amharique) se sont imposées comme une référence auprès des jeunes Ethiopiennes.

Mais l’étiquette de « Spice Girls » éthiopiennes hâtivement accolée au groupe est trompeuse. Bien davantage qu’un girls band pour adolescentes, Yegna se veut avant tout un outil de sensibilisation à la condition féminine dans la société.

« Notre musique donne de la force aux filles. On leur permet de chanter et de s’exprimer », assure Teref, l’un des membres du groupe, insistant sur le sens des paroles d’« Abet », une chanson dont le message est : « Ecoutez-nous, comprenez-nous, nous avons quelque chose à dire ».

« Quand vous êtes une fille [en Ethiopie], vous ne pouvez pas poser de questions. Vous ne pouvez pas aller à l’école parce que vous devez faire la cuisine à la maison. Vous devez vous marier parce que votre père l’a décidé. Beaucoup de choses dans notre culture nous étouffent », ajoute-t-elle.

 A travers leur musique et leurs productions, les membres de Yegna affirment défendre la voix des jeunes éthiopiennes dans une société conservatrice et patriarcale avec le souci d’ouvrir un espace de conversation.

Mariages forcés, violences domestiques, excision…

Créé en 2013 avec l’aide de l’ONG britannique GirlsEffect, Yegna dénonce tous les abus que peuvent subir les filles en Ethiopie : mariages forcés, violences domestiques, excision, exclusion du système éducatif.

« L’idée était de créer cinq amies virtuelles auxquelles les filles peuvent s’identifier, explique Selome Taddesse, manager du groupe. Quand les garçons atteignent l’âge de 12 ans et qu’ils restent à la maison, on les pousse à aller dehors. Pour les filles, on essaye au contraire de les retenir l’intérieur, pour aider aux tâches domestiques ou de peur qu’il leur arrive quelque chose. Cela créé un sentiment d’isolement », ajoute-t-elle.

Chacune des filles de Yegna, recrutées parmi un casting de comédiennes, incarne un personnage différent. Mimi, la fille des rues ; Sara, l’étudiante modèle ; Lemlem, accablée par les tâches domestiques ; Emuye qui subit un père violent et alcoolique ; et Melat, une jeune fille isolée, en mal d’amitié.

Un feuilleton radiophonique à succès

En dehors de la scène, Yegna produit un feuilleton radiophonique diffusé chaque semaine sur des radios locales. Les scénaristes font des séjours réguliers dans les villages éthiopiens pour mettre en onde les problèmes rencontrés par les personnages.

« Des millions de filles écoutent cette série radio et nous essayons de leur montrer que le problème ne vient pas d’elles, mais de la société et que nous devons le résoudre tous ensemble », explique Lemlet alias Mimi, lors d’une séance d’enregistrement à Addis-Abeba.

A la fin de chaque épisode, un débat aborde les thèmes du jour. L’émission revendique un million d’auditeurs. Des clubs d’auditeurs se réunissent toutes les semaines pour écouter la série.

« Certaines avaient monté leur propre groupe »

Source : All Africa

Photo: Plan International Campagne contre le mariage des enfants en Afrique et dans le monde

Congo-Kinshasa: Mariage précoce – Une réalité qui viole les droits de l’enfant


Jadis pratiqué aux lointains villages, le mariage précoce devient de plus en plus une réalité sur toute l’étendue du pays. Alors que la Communauté internationale et le gouvernement ne cessent de multiplier des efforts pour aider l’enfant à connaître ses droits et devoirs, les parents, premiers responsables des enfants, les livrent aux pratiques contradictoires desdits droits. N’étant pas en mesure de s’opposer à leurs parents, les enfants acceptent les unions conjugales avant l’âge normal. Dans la plupart des cas, c’est la fille qui est la victime.

«L’enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d’une protection spéciale et de soins spéciaux notamment, d’une protection juridique appropriée, avant comme après la naissance», stipule la Déclaration des Droits de l’enfant.

La protection juridique telle que relevée dans la Déclaration de Droits de l’enfant est violée, lorsque les responsables de l’enfant le met en face des épreuves qui ne lui offrent pas une bonne jouissance de ses Droits.

Ce genre d’unions conjugales constitue donc un mariage crispé avant l’âge de 18 ans. Le plus souvent, les mariages précoces sont forcés par les parents selon diverses raisons, entre autres, les affinités parentales. Tout en ignorant que l’enfant a les droits, sur toutes questions ou procédures l’impliquant, afin qu’elle exprime librement son opinion, (Art.12 de la Convention internationale des Droits de l’enfant).

L’enfant dont le corps ne s’est pas encore développé sur le plan physique, psychique et physiologique, ne sera pas prêt à assumer les responsabilités du mariage. Surtout la fille, elle aura des difficultés pour la reproduction.

Interrogée, Mme Gérardine, un des parents qui ont eu à marier leurs enfants très tôt, ne trouve aucun inconvénient pour le mariage précoce. « J’ai marié ma fille à l’âge de 15 ans, pour éviter que les pires n’arrivent peu après sa puberté», a-t-elle dit. Poursuivant sa justification, cette dame d’une soixantaine révolue, a fait savoir qu’elle s’est mariée aussi tôt que sa fille, elle a tout appris au mariage. Cela, selon son analyse, épargne les parents tant sur le plan économique que du point de vue de la protection de l’intégrité sexuelle.

Pour leur part, deux filles, sous le sceau de l’anonymat, nous ont livrés quelques méandres conduisant à leurs mariages forcés. Pour l’une, âgé de 22 ans actuellement, elle a été donnée en mariage pour pallier à la pauvreté qui rongeait sa famille. Issue d’une famille pauvre, lors qu’un homme âgé d’une trentaine d’années s’est pointé, alors qu’elle n’avait à peine que 14 ans, ses parents l’ont donnée en holocauste. Ceci, dans le but d’aider la famille.

Si pour la première, la raison était celle de la pauvreté, la deuxième, qui venait récemment de se marier, l’a fait pour ne pas déroger aux normes de la coutume.

Pour y remédier, eu égard aux conséquences que cela engendre, le gouvernement doit promouvoir l’éducation par la scolarisation de tous les enfants. Une fois que les enfants sont préoccupés par les travaux intellectuels, ils s’intéressent moins aux futilités.

Une jeune fille zimbabwéenne âgée de 15 ans, qui a été soumise à un mariage précoce, photographiée lors d’une séries d’ateliers organisés à Shamva, dans la province de Mashonaland, par des groupes locaux qui cherchent à mettre fin à cette pratique et venir en aide aux victimes. ©2015 Dewa Mavhinga / Human Rights Watch

Zimbabwe : Le fléau des mariages d’enfants


Le gouvernement devrait porter à 18 ans l’âge minimum du mariage et adopter un plan d’action national

(Lusaka, le 25 novembre 2015) – Les mariages d’enfants en Afrique mettent souvent fin à la scolarisation des filles, les exposent au risque de violence conjugale ainsi qu’à de graves risques de santé liés aux grossesses précoces ou au VIH, et les soumet fréquemment au carcan de la pauvreté, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. À l’occasion du Sommet de l’Union africaine (AU) sur le mariage des enfants, le gouvernement du Zimbabwe – dont le président Robert Mugabe a accédé à la présidence tournante de l’AU – devrait  porter à 18 ans l’âge minimum légal du mariage et encourager d’autres pays à faire de même.

Ce sommet se tiendra dans la capitale de la Zambie, Lusaka, durant deux jours, les 26 et 27 novembre. Le sommet devrait mettre en lumière les effets dévastateurs des mariages précoces en Afrique sub-saharienne, où 40 % des filles se marient avant l’âge de 18 ans, et permettre d’examiner diverses recommandations visant à mettre fin à cette pratique.

« Le gouvernement zimbabwéen devrait faire preuve de son engagement dans la lutte contre le fléau du mariage précoce en portant à 18 ans l’âge minimum du mariage », a déclaré Dewa Mavhinga, chercheur senior auprès de la division Afrique de Human Rights Watch. « L’avenir de millions de filles africaines dépend de la volonté des dirigeants africains de prendre des mesures permettant de mettre fin à cette pratique dévastatrice qui prive les filles de leur droit à l’éducation et les expose à divers abus. »

Communiqué intégral (en anglais)

Zimbabwe :Le fléau des mariages d’enfants

Source : Human Rights Watch

 

Des participantes à la conférence de presse sur des violences sexuelles commises en RDC le 09/10/2013 à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Nord-Kivu: environ 204 personnes condamnées pour viol en deux ans


Au Nord-Kivu, la Police de protection de l’enfant et de la femme a condamné, en deux ans, environ 204 personnes sur les 593 arrêtées pour viol dans le cadre du projet «Tupinge Ubakaji» (en français: luttons contre les viols).

Cette unité de police a livré ce bilan aux agences de l’Onu, à l’occasion de la journée internationale de l’élimination de la violence à l’égard des femmes, célébrée le 25 novembre de chaque année.

Financé par le gouvernement canadien pour une durée de cinq ans (2014-2018), le programme «Tupinge Ubakaji» prend en compte toute la problématique liée aux violences sexuelles dans l’Est de la RDC.

Le représentant-adjoint du PNUD en RDC, Alfredo Teixeira, a salué le progrès réalisé dans la lutte contre les viols dans le Nord-Kivu:

«C’est une satisfaction car la violence sexuelle est un crime qui doit être puni, quelles que soient les motivations. On a fait beaucoup de progrès depuis 2014. Je pense qu’il y a une prise de conscience au niveau des provinces, où le projet travaille et qui commence à changer la perception de la population, des autorités nationales par rapport à la violence sexuelle».

Le programme «Tupinge Ubakaji» est piloté par quatre agences du système de l’Onu (UNFPA, BCNUDH, Unesco, PNUD) et le ministère congolais du Genre, Famille et Enfant.

Ban Ki-moon  appelle à combattre l’extrêmisme violent envers les femmes

A l’occasion de cette journée, le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-Moon, a dénoncé les exactions commises contre les femmes dans les zones des conflits à travers le monde:

«Les atrocités criminelles commises à l’encontre de femmes et de filles dans les zones de conflit, ainsi que la violence familiale qui existe dans tous les pays, compromettent sérieusement le progrès».

Il a affirmé être «extrêmement préoccupé par le sort des femmes et des filles qui vivent en situation de conflit armé, qui subissent diverses formes de violence, dont des atteintes sexuelles, qui sont utilisées comme esclaves sexuelles et qui sont victimes de la traite ».

Ban Ki-moon a rappelé la volonté de la communauté à combattre l’extrémisme violent et à assurer la protection et l’autonomisation des femmes et des filles.

Selon le secrétaire général de l’Onu, environ la moitié des 60 millions de personnes aujourd’hui déplacées sont des femmes.

«Même dans les zones de paix, la violence contre les femmes subsiste sous la forme de féminicide, d’atteintes sexuelles, de mutilations génitales, de mariage précoce ou de cyberviolence. Ces pratiques traumatisent la personne et déchirent le tissu social», estime le Secrétaire général de l’Onu.

Il affirme par ailleurs avoir lancé des initiatives mondiales, telles que « Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes » et « HeForShe », qui visent à associer les hommes à la promotion de l’égalité des sexes.

Dans son message, le secrétaire général de l’Onu a également demandé aux États de verser davantage de contributions au Fonds d’affectation spéciale des Nations unies à l’appui de la lutte contre la violence à l’égard des femmes.

Source : Radio Okapi

 

Campagne nationale pour l’abandon de l’excision #GuinéeConakry


Le Ministère de l’Action Sociale en collaboration, avec ses partenaires techniques et financiers a clôturé, ce vendredi 20 novembre 2015, la campagne nationale pour l’abandon des mutilations génitales féminines, a constaté Guineematin.

La cérémonie s’est déroulée au palais du peuple. Cette campagne avait été lancée depuis deux mois sur le thème « Engageons-nous pour des vacances sans excision », a constaté Guineematin.

La cérémonie marquant la fin de cette campagne a réuni des membres du gouvernement, des partenaires techniques et financiers ainsi que plusieurs  les acteurs impliqués dans ce combat.

Les représentants des partenaires techniques et financiers  ont tous félicité l’effort du gouvernement à travers le ministère de l’Action Sociale, avant de réitérer l’engagement de leurs institutions respectives, à continuer d’accompagner ce département dans la lutte contre les mutilations génitales féminines.

Pour le représentant de l’Ambassadeur des Etats unis en Guinée, la lutte contre ce phénomène est un  « combat de tous les guinéens et guinéennes, et des étrangers au bénéfice des guinéens », avant d’indiquer qu’au sein des nations-unies, la santé publique est prioritaire. Mais, l’éducation, la sensibilisation doivent être privilégiée comme l’on a vu pendant la période  d’Ebola. Donc, la clôture de cette campagne n’est pas la fin du combat, elle doit continuer.

Selon Mme la représentante de l’UNICEF, madame Frederik Grulene, cette campagne a permis d’attirer l’attention des autorités sur cette pratique néfaste pour la santé des filles.

 Pour sa part, le représentant de l’UNFPA, monsieur Aboubacar Cissé, lance un appel à tous les acteurs religieux, les ONG, des agents de santé, leaders communautaires, au  « renforcement de l’union, la synergie de relation qui est seul facteur à pouvoir concrétiser notre objectif commun d’accélération de l’abandon de cette pratique néfaste », ajoute-t-elle.

De son coté, le ministre de l’Action Sociale, Sanaba Kaba s’est réjouit  de cette mobilisation avant de remercier les partenaires pour la qualité de la coopération et  l’accompagnement durant la campagne de lutte contre les MGF dont le slogan est « engageons-nous pour des vacances sans excision »

Pour elle, la mise en œuvre de cette campagne a associé des acteurs du gouvernementaux, ONG nationales, partenaires techniques et financiers dont les activités étaient en autre : l’organisation des journées de plaidoyer et des mobilisations associatives ; des campagnes d’éducation sur les MGF dans les régions administratives ; l’organisation de trois ateliers régionaux ayant permis de renfoncer la capacité de 120 assistants sociaux sur la base du module harmonisé, ainsi que ces outils d’application sur le terrain dans le cadre de la lutte contre la MGF », a-t-elle cité.

Pour terminer son allocution, madame Sanaba Kaba a profité de l’occasion pour plaider au ministre de la communication, pour que des larges  informations, des sensibilisations, d’éducation gagnent des espaces gratuites au niveau de la Télévision et de la radio nationale. Selon elle « le changement de la norme sociale sur l’excision constitue un défi majeur  qui nécessite l’implication de tous et de chacun »

Dans son discours, le ministre de la Communication, Alousseny Makanera Kaké, a cité les femmes comme étant les responsables de cette pratique qu’elles veulent combattre: « Ce qui fait mal, cette pratique barbare est faite par les femmes. Je suis rassuré avec tout ce que je viens d’entendre de la part des partenaires, du ministre de l’Action Sociale et surtout des femmes, si vous dites tous non à l’excision dans les réunions, vous devez faire pour que ce que vous dites soit une réalité dans les familles», a-t-il dit.

Pour terminer, le ministre Kaké a lui aussi  réaffirmé l’engagement  de son département à accompagner son homologue de l’Action Sociale dans ce combat : « Nous allons faire la communication à tous les niveaux, interpeller toutes les couches sociales pour engager le combat contre l’excision. Mais aussi, il faut encadrer ce combat avec les instruments juridiques auxquels la Guinée a adhéré depuis longtemps, c’est-à-dire ceux qui pratiquent l’excision, il faudrait que la loi soit appliquée avec toute la rigueur »

 

Yacine Sylla

Source : Guinée Matin