Dans la communauté Emberá, en Colombie, parler de l’excision est plus condamnable que la pratiquer


Karina, 17 ans, fait partie de la communauté Emberá, le deuxième groupe indigène en terme de population présent en Colombie, qui compte 230.000 personnes vivant dans une région qui s’étend de la frontière panaméenne à la frontière équatorienne.

 

La jeune femme a passé son enfance à Bogotá, la capitale. Elle est au fait de certaines pratiques modernes, ainsi elle a choisi de prendre la pilule et d’attendre quelques années avant d’avoir son premier enfant.

Malgré tout, les Emberá sont la communauté de Colombie qui pratique l’excision à la naissance, et la fille de Karina, si elle en a une, n’y échappera pas.

Connue sous le terme de « curación », (« guérison »), l’excision répond à la croyance que le clitoris se transforme en pénis et doit donc être coupé. La pratique pourrait avoir été importée par des descendants d’esclaves d’Afrique.

 

En 2007 seulement, les mutilations sexuelles ont été révélées au grand jour après le décès de deux petites filles à Pueblo Rico. La communauté elle-même a été frappée de stupeur, car l’excision est un secret bien gardé. Les hommes n’en ont aucune connaissance et les femmes découvrent ce qu’elles ont subi à la naissance lorsque leur propre fille est excisée elle-même.

Il n’y a donc aucune statistique disponible sur ce crime et les petites filles qui en décèdent sont enterrées dans la plus grande discrétion. Officiellement, les mutilations sexuelles font l’objet d’une interdiction. Depuis 2012, elles sont passibles du châtiment de la mise au pilori. Or, dans les faits, les personnes châtiées ne sont pas les exciseuses mais les personnes qui les dénoncent.

 

En outre, les campagnes de lutte contre les mutilations sexuelles ont un effet pervers : les exciseuses apprennent à stériliser leurs instruments, il y a donc moins de décès et la pratique devient plus difficile à détecter. Elles se défendent en arguant : « Je n’ai tué personne ». Certaines femmes restent convaincues que si les petites filles survivent, alors l’excision ne pose plus le moindre problème.

Traduction et synthèse Pauline ARRIGHI

Source The Guardian

Via Intact Network

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