Fuyant l’excision, une centaine de Tanzaniennes se réfugient chez les religieuses


APA

Plus d’une centaine de filles du district de Tarime (nord de la Tanzanie) ont trouvé refuge dans un centre d’accueil de religieuses de crainte d’être excisées vu qu’on s’approche de la saison de l’excision, apprend-on samedi.
‘’Nous leur avons rendu visite la semaine dernière. Elles sont plus d’une centaine au Centre de lutte contre les mutilations génitales féminines (Termination of Female Genital Mutilation) de Masanga, dans le même district de Tarime », a indiqué à APA, Valérie Msoka, directrice exécutive de l’Association des femmes tanzaniennes des médias (Tanzania media women association, TAMWA).

Cette association de femmes journalistes se trouve à l’avant-garde de lutte contre les mariages précoces, l’excision et toute autre forme de violences contre la femme en Tanzanie.

‘’Ce sont des filles âgées de 10 à 16 ans. Elles ont dit non à l’excision et elles sont allées au centre de Masanga », a poursuivi Valerie Msoka, soulignant que son organisation leur avait donné des denrées alimentaires et du matériel de toilette, en plus du plaidoyer qu’elle ne cesse de mener pour elles.

Les séances d’excision collective ont généralement lieu en novembre et décembre dans le district de Tarime, près de la frontière avec le Kenya.

Selon Sœur Germaine Bayibika, directrice du Centre de Masanga, citée par le quotidien gouvernemental Daily News, beaucoup d’autres jeunes filles craignant d’être excisées pourraient frapper à la porte de sa petite structure dans les prochains jours.

Selon cette religieuse de la congrégation des Filles de la Charité (Daughters of Charity), le nombre pourrait monter jusqu’à 500.

Le nombre augmente chaque année depuis la création du centre en 2008.

Pendant la saison de l’excision, le Centre de Masanga est gardé par la police.

‘’Nous sommes prêts à protéger les filles de Tarime », a assuré le commandant de la police dans le district, Benedict Mambosasa cité par le Daily News.

Le chef de police a appelé les ‘’ngaribas » (en langue locale, exciseuses) à cesser immédiatement cette pratique.

‘’J’ai déjà une liste de 19 ngaribas et une d’entre elles s’est livrée et m’a promis de ne plus y prendre part. Je vais chercher les autres », a assuré Mambosasa.

Les femmes qui président aux cérémonies d’excision en tirent des revenus payés par les parents ou les tuteurs des filles excisées.

En décembre 2013, la police tanzanienne avait arrêté 38 femmes soupçonnées d’avoir procédé à l’excision d’un groupe d’une vingtaine de fillettes et adolescentes dans le district de Same (nord).

L’excision est officiellement interdite en Tanzanie depuis 1998 et est passible de 15 ans de prison, mais continue d’être largement pratiquée dans certaines régions, surtout dans le nord et le centre du pays.

Selon certaines études, environ 15% des filles et femmes tanzaniennes, soit plus de trois millions de personnes, ont subi des mutilations génitales.

L’excision est généralement réalisée sans anesthésie, à l’aide d’un couteau ou d’un rasoir. L’opération est source d’hémorragies et d’infections qui entraînent parfois la mort.

Dans certaines communautés de Tanzanie, les femmes non excisées subissent un ostracisme social et une croyance largement répandue soutient que les femmes excisées sont plus fidèles que celles qui ne le sont pas.

Signature : APA

2 réflexions sur “Fuyant l’excision, une centaine de Tanzaniennes se réfugient chez les religieuses

  1. Aude Andrée dit :

    Tout mon soutient a ces jeunes filles, association de » Femmepourlavie » sur Annemasse(74) nous luttons pour le droit des femmes battues violentées verbalement ou physiquement, que nous prennons en charge, en partenaria avec Elisabethe Wilson, qui lutte activement contre l’excision, je vais partager le message, Courrage

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